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Articles

Les risques liés à l’alcool

Si la consommation d’alcool est bien ancrée dans notre pays et fait partie intégrante des rites sociaux, l’abus d’alcool concerne près de 25% de la population adulte en Suisse.

 

L’alcool, l’ennemi de votre mémoire

Voici un nouveau chapitre à ajouter aux nombreux autres portant sur les méfaits de l’alcool. Une étude publiée récemment par des médecins et chercheurs britanniques conclut qu’une consommation excessive de boissons alcoolisées chez les 30-40 ans augmente de manière significative le risque de souffrir ultérieurement de troubles sévères de la mémoire.

Effet au long cours

Ce n’est certes pas la première fois qu’une étude met en lumière l’existence d’un lien entre la dépendance à l’alcool et la démence ou les troubles cognitifs. Mais les chercheurs se sont ici intéressés à la possible association des deux sur le long terme. «Nous savons déjà qu’il existe un lien entre le risque de démence et le niveau de consommation chez les personnes plus âgées. Mais ce n’est qu’une partie du puzzle et nous disposions de peu de données sur les conséquences à long terme des problèmes d’alcool survenant plus tôt dans la vie», explique ainsi le Pr Lang.

Quatre questions simples

L’historique des problèmes d’alcoolo-dépendance a été établi grâce au questionnaire spécialisé CAGE (ou «Cut-down, Annoyed, Guilty, Eye-opener»). Ce questionnaire comprend les questions suivantes:

• Avez-vous déjà ressenti le besoin de réduire votre consommation d’alcool?

• Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques sur votre consommation d’alcool?

• Vous êtes-vous déjà senti coupable au sujet de votre consommation d’alcool?

• Avez-vous déjà commencé votre journée en buvant une boisson alcoolisée pour déstresser ou vous sentir en forme?

 

Risque doublé

Les examens cognitifs ont montré que les antécédents de problèmes d’alcool étaient associés à une multiplication par deux des troubles sévères de la mémoire. Une tendance similaire a été observée pour les problèmes d’alcool et les troubles cognitifs sévères. Pour le Pr Lang, ces résultats suggèrent trois conclusions: il s’agit d’un problème de santé publique qui doit être pris en compte; il est nécessaire de mener de nouvelles recherches sur les conséquences de l’abus d’alcool tout au long de la vie; le questionnaire CAGE peut aider les praticiens à identifier les personnes à risque de troubles cognitifs et de la mémoire qui pourraient bénéficier d’une aide pour résoudre leur problème avec l’alcool.

Nocif à tous les âges

Le Pr Doug Brown, quant à lui, rappelle que les médias concentrent souvent leur attention sur les dangers de la consommation excessive d’alcool chez les jeunes. Selon lui, ils devraient aussi s’intéresser à ces conclusions: l’abus d’alcool est nocif à tous les âges. «Il ne s’agit pas de dire aux gens de s’abstenir de boire. De la même manière qu’adopter  un régime alimentaire équilibré, ne pas fumer et faire attention à son poids, un verre de bon vin rouge peut réduire le risque de développer une démence», ajoute-t-il. Toute la question est de parvenir, au fil du temps, à rester à ce rythme et à ce volume d’alcool.

L’alcool, une juste récompense après le sport?

Une étude américaine met en lumière les liens entre la pratique d’un exercice physique et la consommation de boissons alcoolisées.

 

«Troisième mi-temps». C’est la formule qui symbolise ce que peuvent être, parfois poussées à l’extrême, les relations entre la consommation de boissons alcoolisées et la pratique sportive intensive. On peut y voir une forme de «réconfort» collectif après l’intensité d’un effort également collectif. Initialement réservée au rugby, la formule s’est désormais généralisée à de nombreuses disciplines sportives.

«Décompresser»

Est-ce un besoin de se «revigorer » après l’effort, l’occasion de «décompresser» ou la poursuite de l’échange dans une grande atmosphère de convivialité? Ou encore une «auto-récompense»? Quelles qu’en soient les raisons, le fait est que la consommation de boissons alcoolisées est plus importante les jours d’activité physique ou sportive. C’est du moins la conclusion d’une étude américaine qui vient d’être publiée. Le Pr David E. Conroy explique que dès le jeudi soir, à l’approche du week-end, nous sommes nombreux à avoir tendance à «reprendre» le sport et la boisson. Une tendance partagée, selon son étude, par toutes les tranches d’âge. En 2011, des chercheurs avaient déjà établi le lien entre activité physique et consommation d‘alcool, mais… chez les rats.

Dès le jeudi

Ce travail a cette fois consisté à analyser les journaux quotidiens (tenus via un smartphone) de 150 volontaires âgés de 18 à 89 ans. Chaque soir, durant trois cycles de trois semaines, chacun devait consigner ses activités physiques et sa consommation d’alcool du jour. L’analyse de ces données montre que du lundi au mercredi, les sujets se concentrent sur leurs activités professionnelles ou familiales, et réduisent leur consommation d‘alcool. En revanche, dès le jeudi, la consommation d‘alcool et l‘activité physique reprennent de manière simultanée. Précision: ce ne sont pas ceux qui font le plus de sport qui boivent le plus.

Mauvaise récupération musculaire

C’est là un phénomène uniforme pour tous les participants à l‘étude, et ce quel que soit l’âge ou le niveau de pratique de l’activité physique. Les  chercheurs suggèrent plusieurs motivations possibles. Il y a la «récompense après l’effort» et les occasions de rencontres inhérentes à la pratique sportive. Un autre élément peut expliquer la simultanéité entre les deux tendances: la plus grande disponibilité du weekend. D’autres études sont prévues pour mieux comprendre le lien éventuel entre ces deux variables. Des études dont les résultats devraient permettre d’élaborer des interventions encourageant la pratique de l’activité physique et déconseillant la consommation d‘alcool après l’effort. «Nous allons essayer de comprendre les motivations exactes afin de mieux concevoir nos interventions en faveur de l‘activité physique, expliquent les auteurs. Il est en effet important de savoir que les calories de l‘alcool peuvent vite remplacer celles que l‘on a durement brûlées, et surtout que l‘alcool peut nuire à la récupération musculaire après l‘effort». Une donnée qui ne peut que retenir l’attention des sportifs.

 

L’alcool chez les seniors, un sujet tabou

Selon une enquête suisse sur la santé en Suisse parue en 2012, 6% des personnes âgées de 65 à 74 ans ont une consommation d’alcool problématique de façon chronique (4 verres de vin ou plus par jour chez les hommes et 2 verres de vin chez les femmes). Dans le cadre de la Semaine Alcool qui s’est déroulée du 30 avril au 9 mai sous l’égide de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), de nombreux thèmes ont été abordés, dont celui, encore tabou, de l’alcoolisme chez les seniors.

On peut évoquer plusieurs raisons à cela: il est tout d’abord difficile de priver les personnes âgées d’un plaisir qui apparemment leur fait du bien et ne semble pas bien méchant.

 

De plus, ces problèmes sont souvent difficiles à identifier, car ils doivent être considérés chez des personnes prenant régulièrement des médicaments, dont la vue et l’équilibre baissent. Ces facteurs, ainsi que la perte de masse graisseuse chez les seniors doivent d’ailleurs être envisagés comme des facteurs aggravants, l’alcoolémie étant plus importante chez les sujets âgés pour une même consommation d’alcool. Enfin, pour les personnes séjournant en EMS, aucun règlement cantonal ou national ne règle cette question, laissée à l’appréciation de chaque établissement. Certains directeurs d’EMS ont toutefois décidé d’aborder la question ouvertement et font appel aux organisations et aux structures venant en aide aux alcooliques. Lorsque des problèmes d’alcoolisme sont identifiés, la prise en charge est la même que chez les sujets jeunes, à savoir un travail sur la motivation au changement.

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La santé connectée

En 2007, le Conseil fédéral avait présenté et adopté une «stratégie pour une société de l’information», soulignant l’importance croissante de la cyberadministration et de son chapitre consacré à la santé, la cybersanté (ou l’«eHealth»). Elle avait proposé 21 objectifs et un calendrier dans lequel les dernières étapes devaient être réalisées fin 2015. Dans le même temps, l’évolution des technologies de l’information, avec la généralisation du Web 2.0 et le développement ultra rapide de la mobilité des données (tablettes, smartphone) ouvrent de nouvelles perspectives, y compris dans le domaine de la santé.

 

Les objectifs de la stratégie eHealth pour notre pays ont été regroupés en deux catégories principales:

Dossier électronique du patient: l’enjeu majeur de ce projet est de pouvoir garantir la protection des données. Ainsi, c’est au patient concerné de décider à qui il livre quelles données concernant sa santé, une certaine méfiance ayant été exprimée, en particulier à l’encontre des caisses- maladies (et leur stratégie de sélection des risques). L’objectif fixé pour la fin de cette année est le suivant: toutes les personnes résidant en Suisse peuvent, indépendamment du temps et du lieu, donner aux prestataires de leur choix l’accès électronique aux informations nécessaires à leur traitement. Le dossier électronique du patient présente de nombreux avantages s’il est bien conçu. Il devrait permettre la qualité du processus de soins grâce à une meilleure communication entre toutes les personnes concernées, rendre les soins plus sûrs et plus efficaces et contribuer à éviter les erreurs médicales.

Portail de santé: mise à disposition du dossier électronique du patient sur un portail de santé sécurisé, permettant à tous les citoyens d’accéder à leur dossier électronique et de consulter des informations spécifiques et structurées. L’enjeu ici est la sécurité informatique et la prévention des risques liés à la sécurité des données et au piratage.

 

Enfin, la Confédération s’est engagée à développer une certaine culture de l’échange d’informations, en assurant la formation permanente de la population suisse pour qu’elle soit en mesure de gérer les informations concernant la santé et la maladie, de même que les données personnelles. Sur ce dernier point, il devient relativement urgent d’agir. Les géants de l’industrie numérique (dont Google et Apple) investissent massivement pour permettre à tout un chacun de mesurer en temps réel des informations sur sa santé. Ainsi, la montre connectée de Apple, qui sera commercialisée cette année, sera munie de divers capteurs permettant de mesurer notre fréquence cardiaque, les efforts fournis, les calories brûlées, … Ces données, croisées avec l’âge, la taille, le poids, les habitudes, le comportement alimentaire et d’autres éléments seront analysées et devraient permettre de donner des informations sur notre état de forme. Que ferons-nous de toutes ces données? Seront-elles vraiment cohérentes? Serons-nous capables de les interpréter à bon escient? Comment seront-elles stockées, un cadre légal est-il prévu à cet effet? La tentation ne sera-t-elle pas trop grande, pour ces entreprises, d’utiliser ces données dans des buts commerciaux, ou au moins à des fins publicitaires?

Ces nouvelles technologies représentent d’incroyables opportunités, à condition qu’elles servent avant tout la médecine et la santé.

 

La santé sur Internet

On trouve sur Internet un très grand nombre de sites dédiés à la santé, au point qu’il devient difficile de faire le tri entre les informations sérieuses et celles qui le sont moins. La fondation Health on the Net (HON), basée à Genève, propose de certifier les sites internet qui répondent à certains critères de qualité et de sécurité. Quelle que soit l’information cherchée (et trouvée), il est important de garder à l’esprit qu’Internet ne remplace pas un professionnel de santé (médecin, pharmacien, …).

 

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Prévenir les maladies cardiovasculaires c’est possible!

Nous ne sommes pas tous égaux face aux maladies cardiovasculaires. Si nous n’avons pas d’influence sur l’hérédité, le sexe et l’âge, les principaux facteurs de risque sont en revanche modifiables si l’on décide d’agir: le cholestérol, l’hypertension artérielle, le tabac et la sédentarité.

 

Stop tabac!

En Suisse, 9’000 personnes meurent chaque année de maladies causées par le tabagisme. Le fumeur encourt un risque 1 à 4 fois plus élevé de mourir d‘une maladie cardiovasculaire que le non-fumeur. Près de la moitié (47%) des décès causés par le tabac sont dus à des maladies cardiovasculaires. L’espérance de vie du fumeur est de 14 ans inférieure à celle du non-fumeur. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que le tabac va tuer 1 milliard de personnes dans le monde au XXIe siècle et a édicté six principes pour lutter contre ce fléau:

– Monitor: mesurer les conséquences de l’usage du tabac et l’efficacité des mesures de prévention

– Protect: protéger la population de l’exposition à la fumée

– Offer: offrir des moyens de venir en aide à ceux qui veulent arrêter de fumer

– Warn: informer des dangers liés au tabac

– Enforce: interdire la publicité, la promotion et le sponsoring

– Raise: augmenter les taxes sur le tabac

En Suisse, une nouvelle campagne de prévention vient d’être lancée avec comme slogan « je suis plus fort », afin de conforter ceux qui souhaitent arrêter de fumer. L’arrêt pur et simple du tabac est la meilleure option, mais pas la plus facile à réaliser! Il existe des traitements médicamenteux et des substituts de la nicotine pour venir en aide aux fumeurs. La cigarette électronique et certaines pratiques de médecine naturelle ou alternative peuvent également être bénéfiques.

 

Manger et bouger!

L’alimentation est importante pour prévenir l’augmentation du cholestérol. Si le discours des «5 fruits et légumes par jour» est ressenti comme culpabilisant par certains, il faut au moins retenir les aliments à privilégier et limiter dans la mesure du possible ceux à proscrire.

On préconise généralement le régime méditerranéen: fruits et légumes, poisson, viande blanche (volaille, lapin), huile d’olive, pain, et on limite si possible la consommation de produits sucrés (confiseries, boissons sucrées…), salés (apéritifs, chips…) et gras (charcuterie, beurre, crème…).

Il se peut que vous n’ayez ni l’envie ni le temps de consacrer plusieurs heures par semaine à une activité sportive. Mais chaque activité physique compte! Montez les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur, déplacez- vous à pied ou à vélo pour les trajets courts, réservez du temps lors de vos week-ends et de vos vacances pour des activités en plein air.

Enfin, fixez-vous des objectifs et parlez-en à votre entourage pour qu’ils vous soutiennent et vous accompagnent.

 

Les bénéfices de la médecine

Votre médecin dispose de recommandations précises concernant le taux de cholestérol mesuré. Il vous questionnera sur vos antécédents familiaux, surveillera votre tension, contrôlera un éventuel diabète. Il tiendra compte de ces éléments et de votre exposition aux facteurs de risque pour vous prescrire un traitement en plus du régime, en particulier des statines.

Commencez dès le plus jeune âge

En raison de l’évolution de notre société concernant les loisirs et l’alimentation, de plus en plus de parents sont confrontés au manque d’activité physique de leurs enfants et à la malbouffe. Les comportements d’aujourd’hui sont responsables des malades de demain.

Une certaine sensibilisation est mise sur pied à l’école et dans le cadre de la formation professionnelle, mais cela reste largement insuffisant. Le rôle éducatif des parents demeure donc essentiel, la meilleure méthode passant probablement par l’exemple. Prévoyez des activités sportives ou des balades en famille, sollicitez vos enfants lorsque vous préparez les repas ou lorsque vous faites les courses.

 

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Les maladies allergiques se développent!

Les maladies allergiques ne cessent de se développer depuis quelques décennies. Qu’il s’agisse d’allergies respiratoires telles que la rhinite saisonnière ou l’asthme, d’allergies cutanées telles que la dermatite atopique du nourrisson et l’eczéma, ou encore d’allergies ou d’intolérances alimentaires, ces maladies touchent un grand nombre de personnes dès leur plus jeune âge. Au même titre que les maladies de civilisation telles que le diabète, le surpoids, les maladies cardiovasculaires, il semble que le stress, les modifications du rythme de vie, les changements de régime alimentaire participent de façon importante à ce que l’on appelle les «maladies à caractère inflammatoire non infectieux», dont l’allergie fait partie.

L’allergie se définit comme une réaction exagérée et inadaptée de l’organisme en réponse à certaines protéines (antigènes) qui font réagir notre système immunitaire et que l’on nomme les allergènes. Bien qu’il existe de nombreuses manifestations de l’allergie (rhinite allergique saisonnière, asthme, dermatite atopique, eczéma, allergies alimentaires…), elles ont toutes en commun une réaction immunitaire et une réponse inflammatoire inappropriées et mal régulées.

La réaction allergique s’opère en plusieurs étapes: une sensibilisation initiale et silencieuse de notre organisme en contact avec l’allergène, puis une réaction immédiate du système immunitaire, et enfin une réaction retardée avec la mise en place d’une réaction inflammatoire.

1. Une mise en contact avec les protéines-allergènes: en cas d’exposition excessive aux allergènes, ou de perméabilité exacerbée de nos filtres et de nos barrières naturelles (notamment de nos muqueuses), cette première phase peut être surexprimée.

2. Une réaction immédiate faisant intervenir les cellules immunitaires, notamment de nombreuses populations de lymphocytes (globules blancs) ainsi que la libération de médiateurs chimiques tels que les cytokines et la libération d’immunoglobulines (IgE le plus souvent, parfois IgG). Une perte de la régulation de différentes populations de lymphocytes de type T peut favoriser la réaction allergique.

3. La réaction inflammatoire retardée se développe plus volontiers lors d’un déséquilibre entre les différentes familles de messagers chimiques: les médiateurs lipidiques de l’inflammation. Dans un contexte de déséquilibre en acides gras essentiels (déséquilibre de la famille oméga 6/oméga 3) ou en cas de mauvaise régulation des cytokines pro-inflammatoires, cette réaction se manifestera de façon plus intense et durable.

Probiotiques et allergies, une nouvelle voie?

A chacune de ces trois étapes, notre flore bactérienne intestinale joue un rôle majeur. Depuis quelques décennies à peine, la découverte de nouveaux rôles de l’écosystème intestinal permet de mieux comprendre le développement des manifestations allergiques. L’écosystème intestinal se compose en effet d’une flore bactérienne riche et diversifiée mais très stable, d’une barrière muqueuse faisant office de filtre sélectif, et d’un abondant système immunitaire sous-muqueux représentant à lui seul 60% des cellules immunitaires de notre organisme.

Des travaux récents confirment le rôle essentiel de la flore bactérienne de l’intestin dans l’initia- tion, le développement, la maturation et la régulation du système immunitaire dans son ensemble: chez les individus présentant des manifestations allergiques, la flore intestinale présentait de nombreuses différences de composition par rapport à celle des individus sains non allergiques. Ces premières observations ont clairement établi un lien entre un déséquilibre de la flore «saine» et la prévalence des maladies allergiques et inflammatoires. Or, les conditions de vie moderne, le stress, les changements alimentaires, la prise de médicaments et d’antibiotiques (…) sont autant de situations qui perturbent profondément et durablement l’écosystème intestinal et la flore bactérienne.

Inversement, le réensemencement de l’intestin par des bactéries dites «probiotiques» a montré un rôle important dans la prévention ou le rééquilibrage de cette flore. L’apport de probiotiques a donc été évalué dans la maladie allergique: l’apport de bifidobactéries et de lactobacilles sous forme de préparation probiotique a été associé à une réduction des manifestations allergiques chez les bébés, les enfants et les adolescents.

Une étude finlandaise a montré que l’administration de probiotiques (type Lactobacilles Rhamnosus GG) chez la mère ou le nouveau-né réduisait les manifestations allergiques de plus de 50%. Chez des enfants plus âgés, une étude japonaise montrait également les effets favorables de l’apport de probiotiques (riches en Lactobacilles acidophilus) sur les rhinites allergiques et sur certaines dermatites atopiques.

Les études comparatives entre différentes souches ont montré que les effets protecteurs ou modulateurs cités précédemment dépendent des souches sélectionnées (on parle ainsi d’effets «souche-dépendants»). Les recherches qui s’appuient sur ces travaux très encourageants s’orientent donc vers la sélection de souches probiotiques particulières, susceptibles d’induire une meilleure étanchéité des barrières protectrices, un rééquilibrage de la flore bactérienne, une réponse immunomodulatrice, une diminution de la réponse lymphocytaire Th2, une stimulation des lymphocytes régulateurs et une modulation, voire une régulation de la réponse inflammatoire secondaire.

La voie des probiotiques, tant dans la prévention des maladies allergiques chez les sujets à risque, les familles atopiques, que dans la prise en charge des patients allergiques s’avère donc très prometteuse. Elle trouve sa place dans la prise en charge globale de l’allergie à côté de thérapeutiques nutritionnelles et écologiques globales ou médicamenteuses.

La désensibilisation

La désensibilisation est une thérapie utilisée en cas d’allergie de type I induite par IgE. Elle est réalisée lorsque la personne souffre de troubles allergiques en relation avec une allergie pollinique, une allergie aux acariens de la poussière domestique ainsi qu’en cas d’allergie aux animaux et aux moisissures. La désensibilisation sauve souvent la vie en cas d‘allergie au venin d‘insectes et est donc absolument recommandée. Une dose croissante des allergènes correspondants est injectée sous la peau ou prise sous la forme de comprimés ou encore de gouttes placées sous la langue. L’objectif est d’atteindre une protection immunologique permettant d’éviter d‘autres réactions allergiques. Le corps est en quelque sorte «habitué à l’allergène». Une désensibilisation est réussie lorsque les troubles diminuent fortement ou, dans le meilleur des cas, qu‘ils disparaissent totalement.

 

Les allergies saisonnières sont de retour

On estime qu’environ une personne sur cinq est actuellement touchée par le rhume des foins dans les pays industrialisés, soit plus de 1 million de personnes en Suisse. Un grand nombre de ces patients ne consultent pas de médecin. Quelle aide peuvent-ils attendre de leur pharmacien? Même si l’état général de ces patients reste bon, sans fièvre ni douleur importante, ces symptômes à répétition peuvent handicaper la vie sociale et professionnelle. La fatigue est également au rendez-vous, même chez les individus les plus résistants.

Les questions usuelles que l’on peut se poser et dont les réponses seront utiles pour déterminer la stratégie de traitement sont les suivantes: s’agit-il bien d’éternuements en salves? D’écoulement nasal très clair et liquide? Eventuellement de démangeaisons dans le nez et/ou dans la gorge? Ces symptômes sont-ils survenus brusquement? Les avez-vous déjà ressentis récemment ou l’année dernière, à la même période? Vous trouviez-vous récemment dans un parc, à la campagne ou en forêt? En cas de réponses positives à la plupart de ces questions, il est fort probable qu’il s’agisse alors d’une allergie, surtout si elle est déjà sensibilisée à d’autres substances (acariens, animal domestique, aliments…).

Les trois saisons des pollens à problème

Il existe schématiquement trois grandes saisons «polliniques»:

• La saison des arbres. Cette dernière débute dès février avec les pollens de l’aulne et du noisetier. Elle se prolonge en mars et en avril avec le frêne et le bouleau. Les pollens d’arbres provoquant le plus grand nombre d’allergies sont ceux des cyprès, des bou- leaux et des platanes.

• La saison des graminées. C’est la plus connue des saisons polliniques. Elle culmine entre mai et juillet, parfois plus tard dans les zones de moyenne altitude. Certaines graminées ont un fort pouvoir allergisant. Parmi elles: dactyle, phléole, ivraie, chiendent, blé, avoine…

• La saison des herbacées. Elle débute durant la saison des graminées et s’étend selon les régions jusqu’en automne. Parmi les espèces au potentiel le plus allergisant figurent l’ambroisie, l’armoise et le plantain.

Face à ces symptômes, plusieurs armes sont immédiatement disponibles. Pour soulager rapidement: un antihistaminique Si nécessaire, un traitement local en plus. Selon la gêne éprouvée par la personne allergique, le pharmacien associera, si nécessaire, à cet antihistaminique, un traitement local:

– Pour le nez, un spray nasal à base d’eau de mer ou du sérum physiologique. Les personnes dont la muqueuse nasale se trouve desséchée à la suite d’un écoulement nasal important pourront assurer une ré-humidification prolongée.

– Pour les yeux, un collyre, en flacon classique ou en dosettes individuelles, soulagera de façon efficace les démangeaisons et le gonflement des paupières.

Si au bout d’une semaine, les symptômes de l’allergie ne se sont pas améliorés, ou si un autre symptôme se manifeste, notamment une toux ou une allergie cutanée, une sinusite aiguë, une respiration difficile et sifflante, une visite chez le médecin s’impose.

Si besoin, en fonction de l’importance des symptômes et de la gêne éprouvée, il est conseillé de faire appel à un allergologue pour rechercher l’allergie par l’intermédiaire de tests cutanés ou d’un dosage sanguin. Il ne faut pas hésiter à recourir aux tests cutanés aujourd’hui performants et rapides. Il sera ensuite possible de procéder à une désensibilisation à la substance incriminée, un acte désormais bien au point.

Les 10 commandements des personnes allergiques

Toute personne allergique doit si possible:

1. Aérer brièvement seulement pendant la saison des pollens. On peut aérer plus longuement pendant les périodes pluvieuses ou lorsque des grillages anti-pollen (voir www.service-allergie-suisse.ch) sont placés sur les fenêtres.

2. Installer un filtre à pollen dans la voiture et bien l’entretenir.

3. Se laver les cheveux avant de se coucher.

4. Ne pas sécher le linge à l’extérieur.

5. Par beau temps venteux, lorsque la concentration de pollens est plus élevée, il est conseillé de limiter les séjours à l’air libre et de mettre des lunettes de soleil.

6. Tout type de sport d‘intérieur convient.

7. Les personnes allergiques suivant un traitement médicamenteux peuvent généralement se déplacer à l’extérieur sans problème.

8. Prendre l’antihistaminique 1 heure environ avant l’activité sportive.

9. Avant un exercice physique plus important, ne consommer que des boissons et des aliments «sûrs», car un corps sous stress réagit plus vite de manière allergique.

10. Un individu souffrant de réactions croisées alimentaires doit renoncer à consommer des fruits et des noix avant une activité sportive.

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Le cours de l‘euro en question

Depuis l’annonce le 15 janvier dernier de l’abandon du taux plancher à CHF 1,20 pour 1 Euro par la Banque nationale suisse, cette question est sur toutes les lèvres et les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certains secteurs de notre économie. Chacun s’inquiète de savoir s’il fera partie des gagnants ou des perdants de cette opération, mais depuis, le cours de l’euro est légèrement remonté. Il nous a paru intéressant de considérer cette question du point de vue de la pharmacie.

 

Quid du prix des médicaments?

Lorsque l‘on parle du médicament, il faut considérer le marché du médicament et son impact sur notre économie dans son ensemble. Actuellement, la Suisse exporte beaucoup plus de médicaments vers l’étranger qu’elle n’en importe. La balance commerciale penche de plus de 40 milliards de francs en faveur des exportations, dont la moitié environ vers l’Union européenne. Il est donc juste de distinguer au sein de l’industrie pharmaceutique les entreprises importatrices, qui vont bénéficier d’un cours de change plus favorable, et les entreprises exportatrices, qui devront faire face à la pression de leurs «acheteurs», en grande partie européens.

Le mécanisme d’ajustement des prix des médicaments remboursés en Suisse prévoit une révision régulière des prix en se basant sur le prix moyen des pays avoisinants (France, Allemagne, Italie, Autriche, Pays-Bas, Danemark, Royaume-Uni), tous les trois ans pour les médicaments brevetés et tous les deux ans

 

pour les médicaments dont le brevet est échu. A ce jour, le taux de change pour la comparaison des prix est de 1,24 francs suisses pour 1 euro; il devra donc probablement être revu à la baisse si le cours de l’euro se stabilise à des valeurs plus basses. Les prix des médicaments remboursés sont administrés, c’est-à-dire qu’ils font l’objet d’une décision de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), à la suite d‘ une négociation avec le fabricant. Pour les médicaments non remboursés, les prix sont libres.

 

Le client en pharmacie, gagnant ou perdant?

Contrairement à ce que l’on a pu lire dans la presse, un grand nombre de fournisseurs de produits thérapeutiques ont revu leurs prix à la baisse. Cela concerne essentiellement les médicaments non remboursés. Ces baisses de prix vont indéniablement profiter aux clients des pharmacies.

Concernant les médicaments remboursés, ils ont connu une baisse constante depuis 2006 en raison, d’une part, de la perte des brevets (remplacement des médicaments originaux par les médicaments génériques) et, d’autre part, de la comparaison des prix avec les pays voisins. Cette tendance à la baisse devrait se poursuivre, voire s’accélérer pour les médicaments génériques.

A l’inverse, les nouveaux médicaments introduits sur le marché (ce qui est de plus en plus rare) le sont avec un prix élevé, considéré comme une prime à l’innovation et permettant au fabricant de couvrir les frais de recherche (on estime à environ 1 milliard de francs les coûts de la recherche pour un nouveau médicament). Globalement, au vu de ce qui précède, le client en pharmacie va profiter de la baisse de la valeur de l’euro par rapport au franc suisse.

 

Et votre pharmacien?

La rémunération du pharmacien sur la vente de médicaments comporte deux éléments principaux (pour faire simple): le premier est directement lié au prix du médicament vendu (marge de distribution); le deuxième est lié à l’acte de remise du médicament (les fameuses taxes RBP) et rétribue le conseil du pharmacien. Les coûts fixes liés à l’exploitation d’une pharmacie (salaires, loyer, administration, …) couvrent une très grande partie des charges, dont près de 60% pour les seules charges salariales. Les coûts variables (immobilisation du stock, …) ne représentent qu’une faible partie des charges. Ainsi, pour le même travail à accomplir et pour les mêmes charges fixes, une baisse des prix des médicaments correspond à une baisse de revenu pour le pharmacien. Cette situation a été confirmée par une étude du KOF (centre de recherches conjoncturelles de l’Ecole Polytechnique de Zurich), qui a montré que près d’un tiers des pharmacies en Suisse n’étaient plus rentables.

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Prenez soin de votre dos!

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le mal de dos concerne environ 30% de la population, et 80% ont touchés par ce mal au moins une fois dans leur vie. La sédentarisation et l’évolution du travail dans les populations occidentales (en particulier la généralisation du travail devant un ordinateur) contribuent à faire de cette pathologie une véritable épidémie.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le mal de dos concerne environ 30% de la population, et 80% seront touchés par ce mal au moins une fois dans leur vie. La sédentarisation et l’évolution du travail dans les populations occidentales (en particulier la généralisation du travail devant un ordinateur) contribuent à faire de cette pathologie une véritable épidémie. Les facteurs de risque suivants doivent être pris en considération, en particulier pour les personnes souffrant régulièrement de douleurs dorsales:

– Les travaux physiques fatigants, en particulier ceux nécessitant la manipulation de charges lourdes

– L’âge

– La ménopause, le changement de métabolisme (en particulier les œstrogènes) augmentant le risque de développer une ostéoporose

– Le surpoids et l’obésité

– La sédentarité

-Le stress, qui contribue à augmenter les tensions musculaires

– Le tabagisme, comme l’ont montré certaines études, même si les causes ne sont pas encore formellement identifiées.

Les personnes «à risque» devraient être particulièrement à l’écoute de leur corps (et de leur dos) et suivre les recommandations suivantes:

– Eviter de rester trop longtemps en position couchée; bien choisir son matelas et son sommier, qui doivent être plutôt durs

– Effectuer les mouvements correctement, en particulier, porter les objets en gardant le dos droit et en pliant les genoux

-Changer fréquemment de position durant le travail, se lever régulièrement en cas de travail bureautique

– Faire régulièrement du sport, en choisissant une activité sportive adaptée

– Porter de bonnes chaussures

– Porter une ceinture lombaire si nécessaire

5 positions à adopter en cas de douleurs dorsales

1. Debout, la tête droite, le cou allongé et vertical, les épaules horizontales et décontractées, le ventre et les fesses rentrés de manière à soutenir la colonne, le bassin légèrement basculé en arrière, les genoux assez souples et les orteils à plat, le poids du corps également réparti sur les deux pieds.

2. Assis sur une chaise, le dos appuyé contre le dossier, le poids du corps réparti sur les fesses et sur les cuisses, les genoux à angle droit, les pieds à plat par terre. Au besoin, un coussin peut être nécessaire pour régler la hauteur ou l’appui dorsal.

3. Sur un tabouret ergonomique «assis-à-genoux», le bassin étant assis sur une assise inclinée à 5°, le poids du corps déporté vers les cuisses et les genoux appuyés.

4. Debout, incliner le buste vers l’avant et laisser tomber les bras en se relâchant complètement et en expirant lentement par la bouche. Maintenir la position durant 10 secondes et se redresser lentement.

5. Se suspendre à une barre fixe ou à un encadrement de porte. Si cela n’est pas possible, étirer les bras verticalement vers le haut au maximum durant 10 secondes

10 sports à pratiquer en cas de mal de dos

– la natation: se laisser porter par l‘eau qui adoucit l‘impact des gestes effectués

– l’aquagym: en particulier les exercices spécifiques pour muscler le dos

– le stretching: idéal pour étirer la colonne vertébrale

– la marche à pied ou le nordic walking: attention à choisir des chaussures et un terrain adéquats.

– le vélo: il libère la colonne vertébrale et les articulations de la charge corporelle

– le yoga: permet également d’étirer la colonne vertébrale

– le taï chi: aide à relâcher les tensions musculaires

– la gymnastique du dos: parfait pour gagner en masse musculaire, acquérir une bonne tonicité abdominale et gainer

– la musculation: en particulier les exercices spécifiques ou l’usage de machines prévues à cet effet (de type Huber Motion Lab, par exemple)

– le Pilates: permet de travailler à la fois les assouplissements et le gainage abdominal

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L‘aromathérapie

L’utilisation médicale d’extraits aromatiques de plantes est désignée par le terme d’ «aromathérapie». Contrairement à la phytothérapie qui utilise l’ensemble des éléments d’une plante, l’aromathérapie n’utilise que la fraction odorante, volatile et éthérée extraite des végétaux: les huiles essentielles.

 

Un peu d’histoire…  

On retrouve des traces de méthodes de distillation et d’extraction des plantes en Chine et en Inde il y a déjà plusieurs millénaires. Dans l’Egypte ancienne, puis en Grèce, l’utilisation d’extraits de plantes dans la médecine est avérée, alors que les Romains les utilisent plus tard sous forme d’onguent gras. Au Moyen âge, l’alchimiste et médecin persan Avicenne invente l’alambic, facilitant ainsi les procédés d’extraction. A partir du XIXe siècle, on commence à isoler et à classifier les propriétés des différents extraits de plantes. On attribue au chimiste français Gattefossé l’utilisation du terme «aromathérapie» en 1935.

La majorité des huiles essentielles sont extraites par distillation à la vapeur d’eau. Il faut parfois quelques kilos de la partie de la plante sélectionnée (fleur, feuille, bois, …) pour produire quelques gouttes d’huiles essentielles.

On utilise généralement les huiles essentielles sous forme d’onction (dissolution dans une huile), de crème ou de lotion (émulsion de l’huile dans l’eau) pour une application externe. La dispersion sur un sucre est utilisée pour

 

l’administration par voie orale, de même que la dispersion dans le miel ou dans une huile alimentaire. La mise en gélules ou en suppositoires est également possible pour certaines applications thérapeutiques. La diffusion atmosphérique et l’inhalation sont aussi employées.

Des propriétés thérapeutiques reconnues

Les usages les plus courants des huiles essentielles sont nombreux. Outre l’automédication de confort (relaxation, bains, massages, cosmétiques) et la préparation à l’endormissement, les huiles essentielles sont souvent utilisées pour ses propriétés anti-infectieuses (désinfection et cicatrisation des plaies), anti-inflammatoires (traitement des traumatismes), respiratoires, hypotensives, circulatoires, digestives, …

 

Il est important de consulter un spécialiste avant d’utiliser des huiles essentielles, leurs propriétés n’étant pas adaptées à toutes les situations. Il convient ainsi d’être particulièrement vigilant avec les très jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes allergiques. De plus, des effets secondaires potentiellement sévères peuvent survenir, certaines molécules contenues dans les huiles essentielles étant particulièrement actives. En raison de la banalisation de leur utilisation au cours de ces dernières années, les accidents plus ou moins graves se sont multipliés, et nous rappellent que l’information, voire la formation du public est importante. Enfin, certaines huiles essentielles sont toxiques et ne doivent pas être utilisées sans les recommandations d’un spécialiste. On peut mentionner l’amande amère, l’anis vert, l’arnica, le bouleau jaune, le camphre, l’estragon, la gaulthérie, la menthe pouliot, la moutarde, l’origan, la sauge officinale et le thuya.

 

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La phytothérapie

Le mot phytothérapie provient de deux mots grecs qui signifi ent «soigner avec les plantes». Il s’agit dune pratique millénaire basée sur un savoir empirique qui sest transmis et enrichi au fil d‘innombrables générations.

 

Aujourd‘hui, la phytothérapie s‘appuie à la fois sur cette sagesse traditionnelle et sur les découvertes de la médecine moderne. La rencontre relativement récente de ces deux mondes et le peu de normes qui régissent le domaine font que la théorie et la pratique sont encore très disparates. Dans le domaine de la phytothérapie, on remarque deux tendances majeures. Certains intervenants mettent surtout l‘accent sur les connaissances empiriques des plantes et sur leurs effets reconnus depuis la nuit des temps. Ils s‘intéressent aux effets de la plante dans sa globalité, sur tout l‘individu. D‘autres se basent davantage sur les connaissances biochimiques et se préoccupent plutôt des symptômes des maladies et de l‘action des principes actifs des plantes. L‘utilisation des plantes médicinales reste à ce jour la forme de médecine la plus répandue à travers le monde. Cependant, vers la fin du XIXe siècle, elle a connu un rapide déclin en Occident avec l‘avènement de la médecine scientifique et l‘apparition de médicaments modernes (aspirine, antibiotiques, cortisone, etc.). Toutefois, depuis les années 1970, les gens se tournent de nouveau vers les plantes médicinales. Leur popularité grandissante a amené les scientifiques à entreprendre de nouvelles recherches. Au cours des dernières années, quelques revues systématiques et études cliniques aléatoires sur la phytothérapie ont été publiées. Les principaux problèmes de santé étudiés ont été l’arthrite, le cancer, la maladie d’Alzheimer, les symptômes de ménopause et la douleur. Les résultats montrent que la phytothérapie, seule ou en combinaison avec la médecine classique, semble prometteuse dans le traitement de certaines maladies. Par contre, la qualité déficiente de plusieurs de ces études limite les conclusions au sujet de l’efficacité de la phytothérapie.

 

point-d-interrogation_googleEfficacité démontrée ou effet placebo?

Une question se pose d’emblée: pourquoi une plante utilisée entièrement devrait-elle être plus efficace qu’une molécule précise qu’elle contient et que l’on pourrait extraire pour l’administrer sous forme de médicament? Il a été démontré dans certains cas que de puissantes interactions entre les différents composés d’une plante pouvaient en augmenter les effets thérapeutiques, qu’il s’agisse d’interactions pharmacocinétiques (telle substance inhibe ou au contraire active une autre substance) ou de mécanismes épigénétiques (telle substance favorise l’expression de certains gènes qui potentialisent l’action d’une autre substance). Ainsi, dans le traitement des douleurs liées à l’arthrose, la plante appelée «griffe du diable» (harpagophytum) s’est révélée plus efficace que son principe actif, l’harpagoside. Et là où la science n’a pas pu vérifier formellement  l’efficacité d’une plante, on ne doit pas oublier la puissance de l’effet placebo, combiné à l’effet thérapeutique réel de la plante. De ce point de vue, la relation entre le patient et son traitement et en particulier entre le patient et son thérapeute (médecin, pharmacien) est essentielle. Dans la médecine classique occidentale, l’effet pharmacologique d’un médicament est généralement assez fort et diminue apparemment l’efficacité de l’effet placebo au cours du traitement. Dans la médecine alternative, la vision plus humaniste et plus holistique du thérapeute et de son patient favorise l’effet placebo. La médecine devrait d’ailleurs profiter davantage de ce bénéfice. On sait que l’effet placebo compte en moyenne pour environ 30% de l’effet thérapeutique, pour plus de 50% dans un grand nombre de pathologies psychiatriques, et jusqu’à 85% dans le cas de certaines douleurs.

 

Attention aux contre-indications

Généralement, les plantes médicinales d‘usage courant ne provoquent que très peu, voire aucun effet indésirable: c‘est là l‘un de leurs principaux avantages. De plus, l’action synergique des divers constituants commence à être mieux comprise et acceptée par les scientifiques. Enfin, contrairement à certaines croyances populaires, plusieurs plantes ont des effets pratiquement immédiats sur le métabolisme. Tout ce qui est «naturel» n’est pas inoffensif. Certaines plantes sont tout bonnement toxiques et d‘autres peuvent être nocives en cas d’interactions avec d‘autres plantes, médicaments ou suppléments. La prise simultanée de plantes et de médicaments peut entraîner l‘interaction des deux principes actifs et provoquer l‘apparition d‘effets secondaires, parfois graves. Voici quelques exemples:

1) L‘aubépine peut parfois induire des palpitations, de la tachycardie, des maux de tête, des vertiges, des bouffées de chaleur et des troubles gastro-intestinaux. Elle est contre-indiquée pour les femmes enceintes (premier trimestre) et les enfants de moins de 12 ans. Les personnes suivant des traitements cardiaques ou plaquettaires doivent demander l‘avis de leur médecin.

2) La camomille est déconseillée aux asthmatiques allergiques au pollen. Par précaution, son utilisation est également déconseillée pour les femmes enceintes. Il en va de même quand elle est associée avec l‘alcool et les anticoagulants.

3) La valériane peut entraîner de légères nausées ou troubles gastro-intestinaux. Son utilisation est déconseillée pour la femme enceinte, par précaution. La valériane ne doit pas être consommée avec de l‘alcool (risque de somnolence) ni avec d‘autres traitements anxiolytiques ou hypnotiques. Elle peut interagir avec les anticoagulants, les suppléments de fer et les analgésiques opioïdes.

4) Le millepertuis, conseillé dans les cas de dépressions légères, peut diminuer l‘efficacité de certains médicaments comme les anticoagulants, les contraceptifs oraux, les antidépresseurs, etc. Phyto

 

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Les risques alimentaires

Les risques alimentaires couvrent un spectre relativement large d’affections et nous n’aborderons pas dans cette rubrique les intoxications alimentaires, aussi nombreuses que variées.

 

Intolérance ou allergie?

Dans l’esprit de beaucoup de gens, il y a une confusion entre les définitions d’intolérances et d’allergies alimentaires. L’allergie alimentaire est une réaction anormale de défense du corps (anticorps anti-IgE) suite à l’ingestion d’un aliment. 20% des personnes interrogées disent être allergiques à des aliments. Dans un autre sondage, 75% des personnes interrogées pensent qu’au moins un membre de leur famille souffre d’allergie alimentaire. En réalité, environ 6% des enfants et 4% des adultes sont concernés. Mais ces chiffres ont tendance à augmenter… Le syndrome d’allergie orale est une manifestation fréquente et relativement inoffensive: démangeaisons au niveau des lèvres et de la gorge, bouche pâteuse, gonflements des lèvres, de la langue, des joues et du pharynx. D’autres réactions sont parfois observées, plus ou moins graves selon les cas: vomissements, crampes d’estomac, diarrhées, réactions cutanées (eczéma, urticaire), crises d’asthmes et choc anaphylactique. Afin de déterminer quel aliment est responsable de ces allergies, on procède généralement à un diagnostic se basant sur des analyses cutanées et sanguines et sur des tests d’exposition. Pour prévenir ces allergies, l’abstinence s’impose, y compris concernant les sources cachées des aliments incriminés (par exemple, dans la pâtisserie). Aujourd’hui, un étiquetage de plus en plus performant des aliments permet de prévenir ces allergies. Les aliments pouvant fréquemment provoquer des allergies alimentaires chez l’adulte sont la noisette, le céleri, la pomme et le kiwi. Des réactions parfois graves peuvent être causées par les cacahuètes, les fruits de mer ou le sésame. Enfin, on observe des effets croisés, par exemple, entre le pollen de bouleau et les fruits à pépins et à noyaux crus, entre les acariens et les fruits de mer ou entre le latex et les fruits exotiques. Les enfants sont plus sensibles au lait de vache, aux oeufs de poule, aux cacahuètes et aux noix.

L’intolérance alimentaire désigne différentes réactions à des aliments d’origine non allergique. On parle aussi d’hypersensibilité à un aliment. Ces intolérances ne peuvent donc pas être détectées par un test d’allergie. On estime que 20% de la population suisse est concernée. En cas d’intolérance alimentaire, le corps sera incapable de digérer ou de métaboliser l’aliment concerné. Le corps ne produira pas d’anticorps et réagira directement à un aliment en manifestant des troubles, même si l’aliment est consommé en petites quantités. Les symptômes peuvent être nombreux. On observe généralement des troubles digestifs (douleurs abdominales, flatulences, diarrhées, constipation). D’autres symptômes tels que la fatigue, l’irritabilité, les réactions cutanées, les maux de tête ou les problèmes circulatoires peuvent se présenter. Ces symptômes sont parfois insidieux et il n’est pas toujours aisé de poser un diagnostic. Le traitement classique consiste à s’abstenir de consommer l’aliment concerné, bien qu’il existe des solutions médicamenteuses en cas d’intolérance au lactose et à l’histamine. Il existe de nombreux types d’intolérance alimentaire. Nous présentons ci-dessous les deux plus fréquemment mentionnées: l’intolérance au gluten et l’intolérance au lactose.

 

L‘intolérance au gluten ou maladie coeliaque                                    Cette pathologie touche environ 1% de la population en Suisse. Le gluten se trouve dans différentes sortes de céréales (blé, orge, seigle, épeautre). Il attaque la muqueuse de l’intestin grêle et, avec le temps, les nutriments ne sont plus suffisamment absorbés, ce qui provoque un état de malnutrition se traduisant, chez l’enfant, par une perte de poids, des troubles de croissance et des troubles digestifs, et, chez l’adulte, par des symptômes de fatigue, d’anémie et d’une carence en fer. Le diagnostic peut comprendre les étapes suivantes: un test sanguin attestant de la présence de certains anticorps indiquant que le patient fait partie ou non des sujets à risque; une biopsie dans l’intestin grêle, mettant en évidence la destruction des villosités de l’intestin (petites saillies filiformes); enfin, une diète sans gluten confirme ou infirme le diagnostic. Le régime alimentaire d’une personne intolérante au gluten est composé de beaucoup d’aliments frais transformés le moins possible: les fruits et légumes, les viandes, poissons et volailles non panés et non marinés, les légumineuses et le soja, certaines céréales (riz, quinoa, millet), certaines farines (maïs, riz, pomme de terre, pois chiche, soja), ainsi que la plupart des produits laitiers.

no milk  L’intolérance au lactose

L’intolérance au lactose, qui ne doit pas être confondue avec une allergie aux protéines bovines, toucherait près de 20% de la population en Suisse. Les personnes souffrant de cette intolérance ne peuvent pas produire de lactase, une enzyme digestive, en quantité suffisante. Le lactose n’est pas scindé dans l’intestin grêle lors du processus de digestion et arrive dans le gros intestin, où il est fermenté par des bactéries, ce qui provoque des flatulences, des diarrhées, des crampes intestinales et une sensation générale de malaise. Le niveau de tolérance individuel peut être déterminé par un(e) nutritionniste. Les aliments contenant du lactose sont généralement mieux tolérés s’ils sont pris en petites quantités réparties tout au long de la journée.

 

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Les pharmacies menacées de fermeture?

Tous les ans, une étude sur la situation économique des pharmacies en Suisse est réalisée et, depuis quelques années maintenant, les résultats mettent en évidence les difficultés grandissantes qu’ont un grand nombre de pharmacies à équilibrer leur budget.

Ainsi, selon les derniers résultats disponibles concernant l’exercice 2012, 20% des pharmacies seraient menacées de fermeture, en raison d’un chiffre d’affaires insuffisant pour couvrir les charges. Cette situation, pour le moins inquiétante et ignorée par une grande partie de la population, peut s’expliquer de plusieurs manières. Si le chiffre d’affaires moyen par pharmacie se situe un peu en dessous de 3 millions de francs suisses (CHF 2,87M), plus de 40% des pharmacies ont un chiffre d’affaires inférieur à 2,5 millions de francs suisses. Dans la mesure où les coûts fixes sont importants (en particulier les stocks de médicaments, qui représentent en moyenne 70% des charges), les petites pharmacies sont particulièrement fragiles. A cela s’ajoute l’augmentation des charges salariales, qui représentent en moyenne 70% des charges, hors coûts des médicaments. Un autre phénomène à ne pas négliger est la tendance à étendre les heures d’ouverture afin de se calquer sur les horaires

des autres commerces, ce qui entraîne là aussi une hausse des charges d’exploitation. Parallèlement, cinq baisses de prix consécutives en huit ans ont été ordonnées par le Conseil fédéral pour les produits remboursés par les caisses d’assurance-maladie. En moyenne, ces médicaments représentent tout de même près de 60% des ventes. Cette proportion dépasse même les 80% dans les petites pharmacies, dont la surface d’exposition est plus petite et pour lesquelles les produits en libre-service sont moins nombreux à être exposés. Enfin, il faut rappeler que la concurrence d’autres canaux de distribution (vente de médicaments par correspondance, Internet, médecins exerçant en Suisse alémanique, grands magasins pour les produits en vente libre) aux contraintes différentes (conseil personnalisé, disponibilité des médicaments, horaires d’ouverture) est grandissante. Il nous semble nécessaire de nous pencher sur cette question au niveau politique, afin de

Sorry we're closedgarantir la pérennité d’un service de santé et d’un accès aux soins de premiers recours de grande qualité, comme c’est le cas aujourd’hui. Il s’agit avant tout de conserver un accès aux soins de proximité, y compris dans les régions périphériques, mais aussi de s‘assurer que la profession de pharmacien demeure attractive pour la relève. Enfin, il ne faudrait pas que l’assortiment des médicaments disponibles soit réduit par mesure d’économie.

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