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Soleil, ami ou ennemi?

Si le soleil recharge nos batteries, il est aussi responsable du vieillissement de notre peau. Avec l’arrivée des beaux jours, la tentation est forte, pour certains, de s’allonger au soleil. Pour d’autres, l’exposition de la peau lors de séances d’UV fait partie de la préparation aux vacances. Enfin, il y a ceux qui considèrent que le bronzage est essentiel pour avoir bonne mine. Mieux vaut toutefois rester mesuré et prudent, car, malgré les campagnes de prévention, le nombre de cancers de la peau en Suisse double tous les vingt ans.

Mélanome, des gestes simples pour protéger sa peau

Les cancers cutanés sont en constante augmentation en Suisse. Dans ce domaine, notre pays détient même le triste record d’être, après la Norvège, le plus touché en Europe. Pourtant, dans la plupart des cas, il suffirait de se protéger du soleil et de limiter les séances de solarium pour éviter l’apparition de ces tumeurs cutanées.

Capital soleil

Lorsque l’on évoque le cancer de la peau, on pense aussitôt à ces taches brunes de forme irrégulière qui caractérisent le mélanome. Il s’agit en effet du cancer cutané le plus dangereux, car ses métastases peuvent rapidement atteindre le système lymphatique, les ganglions et le système sanguin.

Il existe toutefois deux autres formes de cancers de la peau, beaucoup plus fréquentes, mais moins graves: les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires, qui se manifestent par des petits nodules, s’agrandissent et ont une surface lisse pour les premiers, rugueuse pour les seconds. Evoluant plus lentement que le mélanome, ils se développent plutôt à partir de 50 ans. Quelle que soit leur forme, les cancers cutanés sont, dans 80% des cas, provoqués par l’exposition aux rayons ultraviolets (les 20% restants sont d’origine génétique ou proviennent de causes encore inconnues). Nous naissons en effet tous avec un «capital soleil» qui nous permet de lutter contre les effets néfastes des UV. Une fois ce patrimoine épuisé, la peau ne peut plus se protéger contre les agressions, et les cellules endommagées sont mal réparées ou ne peuvent plus l’être.

Bien choisir sa crème solaire

Pour éviter d’en arriver là, il faut donc protéger sa peau des rayons solaires. «Il n’est pas question de dire qu’il faut arrêter de se mettre au soleil, souligne le dermatologue lausannois Renato Panizzon. Il faut plutôt adopter l’attitude des habitants des pays méditerranéens et ne pas s’exposer entre 11 et 15 heures.»

Lorsque le soleil brille, mieux vaut rester à l’ombre, revêtir T-shirt, short et chapeau, sans oublier de mettre des lunettes de soleil pour se protéger les yeux et d’enduire de crème solaire les parties du corps non protégées.                                                                              A ce sujet, le professeur Panizzon recommande les produits contenant des filtres physiques, qui renferment des micropigments. Certes, ils ont l’inconvénient de laisser un petit film blanchâtre sur la peau, mais ils sont moins nocifs pour l’être humain et l’environnement que les filtres chimiques qui, par ailleurs, peuvent provoquer des allergies. Il conseille même aux femmes de choisir des produits comme ceux renfermant des micropigments teints qui «protègent du soleil, tout en conférant une peau bronzée». Quoi qu’il en soit, il ne suffit pas de s’enduire de crème  niquement le matin avant d’aller à la plage ou de partir en randonnée. Car sous l’action du vent, de l’eau et de la transpiration, les crèmes solaires perdent peu à peu leur effet protecteur.

Double ration d’UV

Le soleil n’est toutefois pas le seul en cause; les adeptes du solarium sont aussi exposés aux UV. Ils reçoivent surtout des UVA, qui sont certes moins nocifs que les UVB, mais «favorisent aussi, à la longue, le développement des cancers de la peau», commente le dermatologue. En effet, contrairement à ce que prétendent les promoteurs des lampes à bronzer, «il n’existe pas de bons rayons. Les UV restent des UV.» En outre, les personnes qui se font bronzer artificiellement sont aussi celles qui aiment ensuite s’exposer au soleil; elles reçoivent donc une «double ration » d’UV. Les femmes âgées entre 15 et 35 ans étant les plus nombreuses à fréquenter les solariums, on peut craindre que «l’augmentation des cancers de la peau soit encore plus importante dans la population féminine. » Le spécialiste conseille donc aux femmes d’éviter le solarium, «non seulement à cause du cancer cutané, mais aussi pour que leur peau ne finisse pas par ressembler à celle d’une prune séchée».

Lorsque l’on s’observe et que l’on découvre des taches suspectes, il est important, surtout en cas de mélanome, de se faire traiter au plus tôt, car plus la tumeur est épaisse, plus elle devient dangereuse. En revanche, lorsqu’elle est enlevée précocement, le «taux de guérison est proche des 100%». Les femmes ont d’ailleurs «un meilleur pronostic, notamment parce qu’elles consultent plus rapidement que les hommes». Renatto Panizzon leur recommande donc «d’examiner le dos de leur mari ou de leur partenaire et, en cas de doute, de les envoyer chez un dermatologue».

Etes-vous des drogués du bronzage?

Les plaisirs provoqués par l’exposition au soleil peuvent conduire à une forme d’addiction. Une étude expérimentale menée par des chercheurs américains laisse penser que le bronzage peut devenir une pratique addictive. Ces conclusions permettent notamment de comprendre pourquoi, en dépit de tous les risques sanitaires qu’elle comporte, l’exposition aux rayons ultraviolets (UV) artificiels ou solaires demeure une pratique à ce point répandue. Et pourquoi le bronzage reste un objectif rituel pour des dizaines de millions de personnes à travers le monde: au-delà de la dimension purement esthétique, on retrouve, dans ces comportements, la dimension plaisir/autodestruction qui caractérise le processus de l’addiction. Les chercheurs ont exposé des souris rasées à la lumière UV cinq jours par semaine, pendant six semaines. Un modèle d’exposition équivalant à 30 minutes d‘exposition, pour une personne à la peau claire, au soleil de Floride durant l‘été.

L’euphorie des endorphines

Chez les rongeurs, cette exposition induit une augmentation de la synthèse de certaines substances, notamment d’endorphines de type bêta, bien connues pour déclencher un sentiment d‘euphorie, comparable à celui ressenti avec la prise d’opiacés. Les souris montraient également une plus forte tolérance à la douleur.

De tels résultats suggèrent que la production de ces endorphines naturelles (source d’une sensation de bien-être, voire d’euphorie) est potentialisée par l‘exposition aux UV.

Souris «accros»

Le processus ainsi déclenché entraîne une modification des seuils de la douleur et un renforcement des «circuits de récompense », deux phénomènes qui sous-tendent l’état de dépendance et que les chercheurs constatent chez leurs souris devenues «accros au bronzage ». Ils soulignent toutefois que les souris sont des animaux qui préfèrent généralement l’ombre à la lumière, ce qui interdit toute extrapolation hâtive à l’homme. Les résultats de ce travail convergent néanmoins avec une série d’autres travaux et d’observations, qui utilisent le terme de tanorexie pour décrire cette addiction au bronzage.

Une addiction du paraître

La tanorexie est une addiction comportementale sans substances chimiques, résume le Dr Patrick Moureaux, spécialiste de dermatologie et co-auteur d’un ouvrage sur le sujet. Notre peau est aujourd’hui plongée dans la nébuleuse de l’hypermarché du paraître, devenue ainsi dépendante. Il est impératif d’exprimer un visage jeune et pétillant en permanence. Le bronzage donne cette illusion. Notre représentation narcissique est sous influence. Les sensations de bien-être, procurées par l’exposition solaire naturelle ou artificielle, propulsent le consommateur dans une spirale consumériste, compulsive, infernale, croissante et non maîtrisable, ritualisant sa vie, et ce, malgré la connaissance des risques encourus (photo vieillissement précipité, cancers cutanés, …), répondant ainsi à la notion d’addiction comportementale.

En finir avec le soleil

Comment sortir de cette addiction? Il est impératif de tout mettre en oeuvre pour ne pas rentrer dans l’addiction grâce à une pédagogie préventive précoce. «Le biotope familial devra être conscient de réduire tout comportement visible et lisible à haut risque sanitaire, afin de minimiser toute reproduction de la part de l’adolescent», explique le Dr Moureaux. «Une législation rigoureuse doit maîtriser l’accès aux centres de bronzage. Les UV sont considérés par l’OMS comme des agents cancérigènes de niveau 1, potentialisant le risque de cancers cutanés.» Pour le traitement curatif, le spécialiste préconise les techniques de thérapies cognitives et comportementales sur une longue période (au moins six mois). «Ces techniques sont basées sur l’accès, par paliers intentionnels progressifs, à une motivation exprimée et assistée, conduisant le patient à la cessation de toute exposition solaire  pathologique», explique-t-il. Le risque de rechute est très important. C’est pourquoi un accompagnement du patient par une équipe psychologique entraînée est souvent nécessaire pour assurer la garantie de son sevrage.

 

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Un ventre plat pour l’été

Avoir un ventre plat, n’est-ce pas là le rêve de tous? Un rêve néanmoins accessible… à condition de respecter quelques règles simples!

Misez sur les fibres

En plus d’être excellentes pour la santé, les fibres constituent un très bon allié ventre plat! Il existe deux types de fibres: solubles ou insolubles. Alors que les fibres solubles contribuent plutôt à réguler les taux de cholestérol et la glycémie dans le sang, les fibres insolubles, quant à elles, favorisent le transit intestinal et préviennent la constipation. Pour avoir un ventre plat, c’est donc sur les fibres insolubles qu’il faut miser! Favorisez les céréales et le son de blé, les fruits et légumes, les aliments à grains entiers (riz complet, pain complet…) ainsi que les légumineuses (haricots rouges, lentilles…). Les fibres insolubles ont aussi l’avantage d’assurer une sensation de satiété plus durable, ce qui n’est pas négligeable si vous souhaitez perdre votre graisse abdominale!

Privilégiez les bonnes graisses

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, pour perdre son ventre, il faut continuer à consommer des graisses, mais pas n’importe lesquelles! On parle ici d’acides gras mono-insaturés (ou Oméga-9) contenus surtout dans l’huile d’olive, l’huile de canola, l’avocat, les amandes, les noix de macadamia et la plupart des autres noix (notre palmarès d’aliments riches en Oméga-9).

Une boisson drainante peut vous aider

Recommandées en cas de problèmes digestifs, mais aussi en cas de graisse abdominale, les boissons drainantes ne sont efficaces que si elles sont combinées à une alimentation saine et consommées plusieurs fois par jour.

Ces boissons sont généralement à base de plantes aux vertus diurétiques qui drainent l’organisme en agissant sur plusieurs organes comme le foie, les reins et même sur le système lymphatique. Pour lutter contre la rétention d’eau (lorsque l’organisme stocke plus d’eau qu’il n’en élimine), on trouve par exemple le thé vert ou le pissenlit.

Faites du sport

Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les exercices «ciblés » comme les abdominaux qui permettent de perdre sa graisse abdominale. Mieux vaut opter pour une discipline plus complète comme la natation, la marche à pied, la course à pied ou le vélo.

Choisissez des glucides

à faible index glycémique L’index glycémique classe les aliments en fonction de l’élévation de la glycémie (taux de sucre dans le sang) qu’ils produisent lorsqu’on les consomme. Il est donc conseillé de préférer les aliments à faible index glycémique (IG), c’est-à-dire inférieur à 10. Pour ce faire, mettez au menu des céréales complètes, des produits sans sucre, des fruits et légumes, des légumineuses, etc.

Gare aux produits amincissants sur Internet!

Swissmedic, l’organisme suisse de contrôle et d’enregistrement des médicaments, a analysé la composition de 61 produits amincissants importés illégalement. Le résultat est inquiétant: plus des trois quarts des produits renfermaient des principes actifs non déclarés. Plus de la moitié contenait de la sibutramine, un principe actif qui a été retiré du marché en 2010 dans le monde entier en raison de ses risques pour la santé.

On sait par expérience que la demande de produits amincissants augmente au printemps. Nombreuses sont les personnes qui commandent de tels produits en ligne sans savoir ce qu’elles recevront vraiment. Il est frappant de constater qu’un nombre croissant des produits amincissants proposés sont des boissons comme du café, dont certaines contiennent des substances interdites dans des quantités nocives pour la santé. Au total, 41 produits étaient revendiqués comme étant «naturels» ou «d’origine végétale». En réalité, 35 d’entre eux contenaient des composants chimiques dangereux. Un sachet de café contenait 45 mg de sibutramine, ce qui représente une dose potentiellement mortelle, équivalant à trois fois la dose journalière maximale. De plus, certains produits contenaient d’autres principes actifs non déclarés comme des antalgiques (paracétamol), des anti-inflammatoires (diclofénac) ou des antidépresseurs (fluoxétine). Les résultats de ces analyses montrent en outre que les produits ou médicaments vantés comme étant amaigrissants qui proviennent de sources non contrôlées peuvent être extrêmement dangereux pour la santé!

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Les risques liés à l’alcool

Si la consommation d’alcool est bien ancrée dans notre pays et fait partie intégrante des rites sociaux, l’abus d’alcool concerne près de 25% de la population adulte en Suisse.

 

L’alcool, l’ennemi de votre mémoire

Voici un nouveau chapitre à ajouter aux nombreux autres portant sur les méfaits de l’alcool. Une étude publiée récemment par des médecins et chercheurs britanniques conclut qu’une consommation excessive de boissons alcoolisées chez les 30-40 ans augmente de manière significative le risque de souffrir ultérieurement de troubles sévères de la mémoire.

Effet au long cours

Ce n’est certes pas la première fois qu’une étude met en lumière l’existence d’un lien entre la dépendance à l’alcool et la démence ou les troubles cognitifs. Mais les chercheurs se sont ici intéressés à la possible association des deux sur le long terme. «Nous savons déjà qu’il existe un lien entre le risque de démence et le niveau de consommation chez les personnes plus âgées. Mais ce n’est qu’une partie du puzzle et nous disposions de peu de données sur les conséquences à long terme des problèmes d’alcool survenant plus tôt dans la vie», explique ainsi le Pr Lang.

Quatre questions simples

L’historique des problèmes d’alcoolo-dépendance a été établi grâce au questionnaire spécialisé CAGE (ou «Cut-down, Annoyed, Guilty, Eye-opener»). Ce questionnaire comprend les questions suivantes:

• Avez-vous déjà ressenti le besoin de réduire votre consommation d’alcool?

• Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques sur votre consommation d’alcool?

• Vous êtes-vous déjà senti coupable au sujet de votre consommation d’alcool?

• Avez-vous déjà commencé votre journée en buvant une boisson alcoolisée pour déstresser ou vous sentir en forme?

 

Risque doublé

Les examens cognitifs ont montré que les antécédents de problèmes d’alcool étaient associés à une multiplication par deux des troubles sévères de la mémoire. Une tendance similaire a été observée pour les problèmes d’alcool et les troubles cognitifs sévères. Pour le Pr Lang, ces résultats suggèrent trois conclusions: il s’agit d’un problème de santé publique qui doit être pris en compte; il est nécessaire de mener de nouvelles recherches sur les conséquences de l’abus d’alcool tout au long de la vie; le questionnaire CAGE peut aider les praticiens à identifier les personnes à risque de troubles cognitifs et de la mémoire qui pourraient bénéficier d’une aide pour résoudre leur problème avec l’alcool.

Nocif à tous les âges

Le Pr Doug Brown, quant à lui, rappelle que les médias concentrent souvent leur attention sur les dangers de la consommation excessive d’alcool chez les jeunes. Selon lui, ils devraient aussi s’intéresser à ces conclusions: l’abus d’alcool est nocif à tous les âges. «Il ne s’agit pas de dire aux gens de s’abstenir de boire. De la même manière qu’adopter  un régime alimentaire équilibré, ne pas fumer et faire attention à son poids, un verre de bon vin rouge peut réduire le risque de développer une démence», ajoute-t-il. Toute la question est de parvenir, au fil du temps, à rester à ce rythme et à ce volume d’alcool.

L’alcool, une juste récompense après le sport?

Une étude américaine met en lumière les liens entre la pratique d’un exercice physique et la consommation de boissons alcoolisées.

 

«Troisième mi-temps». C’est la formule qui symbolise ce que peuvent être, parfois poussées à l’extrême, les relations entre la consommation de boissons alcoolisées et la pratique sportive intensive. On peut y voir une forme de «réconfort» collectif après l’intensité d’un effort également collectif. Initialement réservée au rugby, la formule s’est désormais généralisée à de nombreuses disciplines sportives.

«Décompresser»

Est-ce un besoin de se «revigorer » après l’effort, l’occasion de «décompresser» ou la poursuite de l’échange dans une grande atmosphère de convivialité? Ou encore une «auto-récompense»? Quelles qu’en soient les raisons, le fait est que la consommation de boissons alcoolisées est plus importante les jours d’activité physique ou sportive. C’est du moins la conclusion d’une étude américaine qui vient d’être publiée. Le Pr David E. Conroy explique que dès le jeudi soir, à l’approche du week-end, nous sommes nombreux à avoir tendance à «reprendre» le sport et la boisson. Une tendance partagée, selon son étude, par toutes les tranches d’âge. En 2011, des chercheurs avaient déjà établi le lien entre activité physique et consommation d‘alcool, mais… chez les rats.

Dès le jeudi

Ce travail a cette fois consisté à analyser les journaux quotidiens (tenus via un smartphone) de 150 volontaires âgés de 18 à 89 ans. Chaque soir, durant trois cycles de trois semaines, chacun devait consigner ses activités physiques et sa consommation d’alcool du jour. L’analyse de ces données montre que du lundi au mercredi, les sujets se concentrent sur leurs activités professionnelles ou familiales, et réduisent leur consommation d‘alcool. En revanche, dès le jeudi, la consommation d‘alcool et l‘activité physique reprennent de manière simultanée. Précision: ce ne sont pas ceux qui font le plus de sport qui boivent le plus.

Mauvaise récupération musculaire

C’est là un phénomène uniforme pour tous les participants à l‘étude, et ce quel que soit l’âge ou le niveau de pratique de l’activité physique. Les  chercheurs suggèrent plusieurs motivations possibles. Il y a la «récompense après l’effort» et les occasions de rencontres inhérentes à la pratique sportive. Un autre élément peut expliquer la simultanéité entre les deux tendances: la plus grande disponibilité du weekend. D’autres études sont prévues pour mieux comprendre le lien éventuel entre ces deux variables. Des études dont les résultats devraient permettre d’élaborer des interventions encourageant la pratique de l’activité physique et déconseillant la consommation d‘alcool après l’effort. «Nous allons essayer de comprendre les motivations exactes afin de mieux concevoir nos interventions en faveur de l‘activité physique, expliquent les auteurs. Il est en effet important de savoir que les calories de l‘alcool peuvent vite remplacer celles que l‘on a durement brûlées, et surtout que l‘alcool peut nuire à la récupération musculaire après l‘effort». Une donnée qui ne peut que retenir l’attention des sportifs.

 

L’alcool chez les seniors, un sujet tabou

Selon une enquête suisse sur la santé en Suisse parue en 2012, 6% des personnes âgées de 65 à 74 ans ont une consommation d’alcool problématique de façon chronique (4 verres de vin ou plus par jour chez les hommes et 2 verres de vin chez les femmes). Dans le cadre de la Semaine Alcool qui s’est déroulée du 30 avril au 9 mai sous l’égide de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), de nombreux thèmes ont été abordés, dont celui, encore tabou, de l’alcoolisme chez les seniors.

On peut évoquer plusieurs raisons à cela: il est tout d’abord difficile de priver les personnes âgées d’un plaisir qui apparemment leur fait du bien et ne semble pas bien méchant.

 

De plus, ces problèmes sont souvent difficiles à identifier, car ils doivent être considérés chez des personnes prenant régulièrement des médicaments, dont la vue et l’équilibre baissent. Ces facteurs, ainsi que la perte de masse graisseuse chez les seniors doivent d’ailleurs être envisagés comme des facteurs aggravants, l’alcoolémie étant plus importante chez les sujets âgés pour une même consommation d’alcool. Enfin, pour les personnes séjournant en EMS, aucun règlement cantonal ou national ne règle cette question, laissée à l’appréciation de chaque établissement. Certains directeurs d’EMS ont toutefois décidé d’aborder la question ouvertement et font appel aux organisations et aux structures venant en aide aux alcooliques. Lorsque des problèmes d’alcoolisme sont identifiés, la prise en charge est la même que chez les sujets jeunes, à savoir un travail sur la motivation au changement.

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La santé connectée

En 2007, le Conseil fédéral avait présenté et adopté une «stratégie pour une société de l’information», soulignant l’importance croissante de la cyberadministration et de son chapitre consacré à la santé, la cybersanté (ou l’«eHealth»). Elle avait proposé 21 objectifs et un calendrier dans lequel les dernières étapes devaient être réalisées fin 2015. Dans le même temps, l’évolution des technologies de l’information, avec la généralisation du Web 2.0 et le développement ultra rapide de la mobilité des données (tablettes, smartphone) ouvrent de nouvelles perspectives, y compris dans le domaine de la santé.

 

Les objectifs de la stratégie eHealth pour notre pays ont été regroupés en deux catégories principales:

Dossier électronique du patient: l’enjeu majeur de ce projet est de pouvoir garantir la protection des données. Ainsi, c’est au patient concerné de décider à qui il livre quelles données concernant sa santé, une certaine méfiance ayant été exprimée, en particulier à l’encontre des caisses- maladies (et leur stratégie de sélection des risques). L’objectif fixé pour la fin de cette année est le suivant: toutes les personnes résidant en Suisse peuvent, indépendamment du temps et du lieu, donner aux prestataires de leur choix l’accès électronique aux informations nécessaires à leur traitement. Le dossier électronique du patient présente de nombreux avantages s’il est bien conçu. Il devrait permettre la qualité du processus de soins grâce à une meilleure communication entre toutes les personnes concernées, rendre les soins plus sûrs et plus efficaces et contribuer à éviter les erreurs médicales.

Portail de santé: mise à disposition du dossier électronique du patient sur un portail de santé sécurisé, permettant à tous les citoyens d’accéder à leur dossier électronique et de consulter des informations spécifiques et structurées. L’enjeu ici est la sécurité informatique et la prévention des risques liés à la sécurité des données et au piratage.

 

Enfin, la Confédération s’est engagée à développer une certaine culture de l’échange d’informations, en assurant la formation permanente de la population suisse pour qu’elle soit en mesure de gérer les informations concernant la santé et la maladie, de même que les données personnelles. Sur ce dernier point, il devient relativement urgent d’agir. Les géants de l’industrie numérique (dont Google et Apple) investissent massivement pour permettre à tout un chacun de mesurer en temps réel des informations sur sa santé. Ainsi, la montre connectée de Apple, qui sera commercialisée cette année, sera munie de divers capteurs permettant de mesurer notre fréquence cardiaque, les efforts fournis, les calories brûlées, … Ces données, croisées avec l’âge, la taille, le poids, les habitudes, le comportement alimentaire et d’autres éléments seront analysées et devraient permettre de donner des informations sur notre état de forme. Que ferons-nous de toutes ces données? Seront-elles vraiment cohérentes? Serons-nous capables de les interpréter à bon escient? Comment seront-elles stockées, un cadre légal est-il prévu à cet effet? La tentation ne sera-t-elle pas trop grande, pour ces entreprises, d’utiliser ces données dans des buts commerciaux, ou au moins à des fins publicitaires?

Ces nouvelles technologies représentent d’incroyables opportunités, à condition qu’elles servent avant tout la médecine et la santé.

 

La santé sur Internet

On trouve sur Internet un très grand nombre de sites dédiés à la santé, au point qu’il devient difficile de faire le tri entre les informations sérieuses et celles qui le sont moins. La fondation Health on the Net (HON), basée à Genève, propose de certifier les sites internet qui répondent à certains critères de qualité et de sécurité. Quelle que soit l’information cherchée (et trouvée), il est important de garder à l’esprit qu’Internet ne remplace pas un professionnel de santé (médecin, pharmacien, …).

 

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Prévenir les maladies cardiovasculaires c’est possible!

Nous ne sommes pas tous égaux face aux maladies cardiovasculaires. Si nous n’avons pas d’influence sur l’hérédité, le sexe et l’âge, les principaux facteurs de risque sont en revanche modifiables si l’on décide d’agir: le cholestérol, l’hypertension artérielle, le tabac et la sédentarité.

 

Stop tabac!

En Suisse, 9’000 personnes meurent chaque année de maladies causées par le tabagisme. Le fumeur encourt un risque 1 à 4 fois plus élevé de mourir d‘une maladie cardiovasculaire que le non-fumeur. Près de la moitié (47%) des décès causés par le tabac sont dus à des maladies cardiovasculaires. L’espérance de vie du fumeur est de 14 ans inférieure à celle du non-fumeur. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que le tabac va tuer 1 milliard de personnes dans le monde au XXIe siècle et a édicté six principes pour lutter contre ce fléau:

– Monitor: mesurer les conséquences de l’usage du tabac et l’efficacité des mesures de prévention

– Protect: protéger la population de l’exposition à la fumée

– Offer: offrir des moyens de venir en aide à ceux qui veulent arrêter de fumer

– Warn: informer des dangers liés au tabac

– Enforce: interdire la publicité, la promotion et le sponsoring

– Raise: augmenter les taxes sur le tabac

En Suisse, une nouvelle campagne de prévention vient d’être lancée avec comme slogan « je suis plus fort », afin de conforter ceux qui souhaitent arrêter de fumer. L’arrêt pur et simple du tabac est la meilleure option, mais pas la plus facile à réaliser! Il existe des traitements médicamenteux et des substituts de la nicotine pour venir en aide aux fumeurs. La cigarette électronique et certaines pratiques de médecine naturelle ou alternative peuvent également être bénéfiques.

 

Manger et bouger!

L’alimentation est importante pour prévenir l’augmentation du cholestérol. Si le discours des «5 fruits et légumes par jour» est ressenti comme culpabilisant par certains, il faut au moins retenir les aliments à privilégier et limiter dans la mesure du possible ceux à proscrire.

On préconise généralement le régime méditerranéen: fruits et légumes, poisson, viande blanche (volaille, lapin), huile d’olive, pain, et on limite si possible la consommation de produits sucrés (confiseries, boissons sucrées…), salés (apéritifs, chips…) et gras (charcuterie, beurre, crème…).

Il se peut que vous n’ayez ni l’envie ni le temps de consacrer plusieurs heures par semaine à une activité sportive. Mais chaque activité physique compte! Montez les escaliers plutôt que de prendre l’ascenseur, déplacez- vous à pied ou à vélo pour les trajets courts, réservez du temps lors de vos week-ends et de vos vacances pour des activités en plein air.

Enfin, fixez-vous des objectifs et parlez-en à votre entourage pour qu’ils vous soutiennent et vous accompagnent.

 

Les bénéfices de la médecine

Votre médecin dispose de recommandations précises concernant le taux de cholestérol mesuré. Il vous questionnera sur vos antécédents familiaux, surveillera votre tension, contrôlera un éventuel diabète. Il tiendra compte de ces éléments et de votre exposition aux facteurs de risque pour vous prescrire un traitement en plus du régime, en particulier des statines.

Commencez dès le plus jeune âge

En raison de l’évolution de notre société concernant les loisirs et l’alimentation, de plus en plus de parents sont confrontés au manque d’activité physique de leurs enfants et à la malbouffe. Les comportements d’aujourd’hui sont responsables des malades de demain.

Une certaine sensibilisation est mise sur pied à l’école et dans le cadre de la formation professionnelle, mais cela reste largement insuffisant. Le rôle éducatif des parents demeure donc essentiel, la meilleure méthode passant probablement par l’exemple. Prévoyez des activités sportives ou des balades en famille, sollicitez vos enfants lorsque vous préparez les repas ou lorsque vous faites les courses.

 

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Les maladies allergiques se développent!

Les maladies allergiques ne cessent de se développer depuis quelques décennies. Qu’il s’agisse d’allergies respiratoires telles que la rhinite saisonnière ou l’asthme, d’allergies cutanées telles que la dermatite atopique du nourrisson et l’eczéma, ou encore d’allergies ou d’intolérances alimentaires, ces maladies touchent un grand nombre de personnes dès leur plus jeune âge. Au même titre que les maladies de civilisation telles que le diabète, le surpoids, les maladies cardiovasculaires, il semble que le stress, les modifications du rythme de vie, les changements de régime alimentaire participent de façon importante à ce que l’on appelle les «maladies à caractère inflammatoire non infectieux», dont l’allergie fait partie.

L’allergie se définit comme une réaction exagérée et inadaptée de l’organisme en réponse à certaines protéines (antigènes) qui font réagir notre système immunitaire et que l’on nomme les allergènes. Bien qu’il existe de nombreuses manifestations de l’allergie (rhinite allergique saisonnière, asthme, dermatite atopique, eczéma, allergies alimentaires…), elles ont toutes en commun une réaction immunitaire et une réponse inflammatoire inappropriées et mal régulées.

La réaction allergique s’opère en plusieurs étapes: une sensibilisation initiale et silencieuse de notre organisme en contact avec l’allergène, puis une réaction immédiate du système immunitaire, et enfin une réaction retardée avec la mise en place d’une réaction inflammatoire.

1. Une mise en contact avec les protéines-allergènes: en cas d’exposition excessive aux allergènes, ou de perméabilité exacerbée de nos filtres et de nos barrières naturelles (notamment de nos muqueuses), cette première phase peut être surexprimée.

2. Une réaction immédiate faisant intervenir les cellules immunitaires, notamment de nombreuses populations de lymphocytes (globules blancs) ainsi que la libération de médiateurs chimiques tels que les cytokines et la libération d’immunoglobulines (IgE le plus souvent, parfois IgG). Une perte de la régulation de différentes populations de lymphocytes de type T peut favoriser la réaction allergique.

3. La réaction inflammatoire retardée se développe plus volontiers lors d’un déséquilibre entre les différentes familles de messagers chimiques: les médiateurs lipidiques de l’inflammation. Dans un contexte de déséquilibre en acides gras essentiels (déséquilibre de la famille oméga 6/oméga 3) ou en cas de mauvaise régulation des cytokines pro-inflammatoires, cette réaction se manifestera de façon plus intense et durable.

Probiotiques et allergies, une nouvelle voie?

A chacune de ces trois étapes, notre flore bactérienne intestinale joue un rôle majeur. Depuis quelques décennies à peine, la découverte de nouveaux rôles de l’écosystème intestinal permet de mieux comprendre le développement des manifestations allergiques. L’écosystème intestinal se compose en effet d’une flore bactérienne riche et diversifiée mais très stable, d’une barrière muqueuse faisant office de filtre sélectif, et d’un abondant système immunitaire sous-muqueux représentant à lui seul 60% des cellules immunitaires de notre organisme.

Des travaux récents confirment le rôle essentiel de la flore bactérienne de l’intestin dans l’initia- tion, le développement, la maturation et la régulation du système immunitaire dans son ensemble: chez les individus présentant des manifestations allergiques, la flore intestinale présentait de nombreuses différences de composition par rapport à celle des individus sains non allergiques. Ces premières observations ont clairement établi un lien entre un déséquilibre de la flore «saine» et la prévalence des maladies allergiques et inflammatoires. Or, les conditions de vie moderne, le stress, les changements alimentaires, la prise de médicaments et d’antibiotiques (…) sont autant de situations qui perturbent profondément et durablement l’écosystème intestinal et la flore bactérienne.

Inversement, le réensemencement de l’intestin par des bactéries dites «probiotiques» a montré un rôle important dans la prévention ou le rééquilibrage de cette flore. L’apport de probiotiques a donc été évalué dans la maladie allergique: l’apport de bifidobactéries et de lactobacilles sous forme de préparation probiotique a été associé à une réduction des manifestations allergiques chez les bébés, les enfants et les adolescents.

Une étude finlandaise a montré que l’administration de probiotiques (type Lactobacilles Rhamnosus GG) chez la mère ou le nouveau-né réduisait les manifestations allergiques de plus de 50%. Chez des enfants plus âgés, une étude japonaise montrait également les effets favorables de l’apport de probiotiques (riches en Lactobacilles acidophilus) sur les rhinites allergiques et sur certaines dermatites atopiques.

Les études comparatives entre différentes souches ont montré que les effets protecteurs ou modulateurs cités précédemment dépendent des souches sélectionnées (on parle ainsi d’effets «souche-dépendants»). Les recherches qui s’appuient sur ces travaux très encourageants s’orientent donc vers la sélection de souches probiotiques particulières, susceptibles d’induire une meilleure étanchéité des barrières protectrices, un rééquilibrage de la flore bactérienne, une réponse immunomodulatrice, une diminution de la réponse lymphocytaire Th2, une stimulation des lymphocytes régulateurs et une modulation, voire une régulation de la réponse inflammatoire secondaire.

La voie des probiotiques, tant dans la prévention des maladies allergiques chez les sujets à risque, les familles atopiques, que dans la prise en charge des patients allergiques s’avère donc très prometteuse. Elle trouve sa place dans la prise en charge globale de l’allergie à côté de thérapeutiques nutritionnelles et écologiques globales ou médicamenteuses.

La désensibilisation

La désensibilisation est une thérapie utilisée en cas d’allergie de type I induite par IgE. Elle est réalisée lorsque la personne souffre de troubles allergiques en relation avec une allergie pollinique, une allergie aux acariens de la poussière domestique ainsi qu’en cas d’allergie aux animaux et aux moisissures. La désensibilisation sauve souvent la vie en cas d‘allergie au venin d‘insectes et est donc absolument recommandée. Une dose croissante des allergènes correspondants est injectée sous la peau ou prise sous la forme de comprimés ou encore de gouttes placées sous la langue. L’objectif est d’atteindre une protection immunologique permettant d’éviter d‘autres réactions allergiques. Le corps est en quelque sorte «habitué à l’allergène». Une désensibilisation est réussie lorsque les troubles diminuent fortement ou, dans le meilleur des cas, qu‘ils disparaissent totalement.

 

Les allergies saisonnières sont de retour

On estime qu’environ une personne sur cinq est actuellement touchée par le rhume des foins dans les pays industrialisés, soit plus de 1 million de personnes en Suisse. Un grand nombre de ces patients ne consultent pas de médecin. Quelle aide peuvent-ils attendre de leur pharmacien? Même si l’état général de ces patients reste bon, sans fièvre ni douleur importante, ces symptômes à répétition peuvent handicaper la vie sociale et professionnelle. La fatigue est également au rendez-vous, même chez les individus les plus résistants.

Les questions usuelles que l’on peut se poser et dont les réponses seront utiles pour déterminer la stratégie de traitement sont les suivantes: s’agit-il bien d’éternuements en salves? D’écoulement nasal très clair et liquide? Eventuellement de démangeaisons dans le nez et/ou dans la gorge? Ces symptômes sont-ils survenus brusquement? Les avez-vous déjà ressentis récemment ou l’année dernière, à la même période? Vous trouviez-vous récemment dans un parc, à la campagne ou en forêt? En cas de réponses positives à la plupart de ces questions, il est fort probable qu’il s’agisse alors d’une allergie, surtout si elle est déjà sensibilisée à d’autres substances (acariens, animal domestique, aliments…).

Les trois saisons des pollens à problème

Il existe schématiquement trois grandes saisons «polliniques»:

• La saison des arbres. Cette dernière débute dès février avec les pollens de l’aulne et du noisetier. Elle se prolonge en mars et en avril avec le frêne et le bouleau. Les pollens d’arbres provoquant le plus grand nombre d’allergies sont ceux des cyprès, des bou- leaux et des platanes.

• La saison des graminées. C’est la plus connue des saisons polliniques. Elle culmine entre mai et juillet, parfois plus tard dans les zones de moyenne altitude. Certaines graminées ont un fort pouvoir allergisant. Parmi elles: dactyle, phléole, ivraie, chiendent, blé, avoine…

• La saison des herbacées. Elle débute durant la saison des graminées et s’étend selon les régions jusqu’en automne. Parmi les espèces au potentiel le plus allergisant figurent l’ambroisie, l’armoise et le plantain.

Face à ces symptômes, plusieurs armes sont immédiatement disponibles. Pour soulager rapidement: un antihistaminique Si nécessaire, un traitement local en plus. Selon la gêne éprouvée par la personne allergique, le pharmacien associera, si nécessaire, à cet antihistaminique, un traitement local:

– Pour le nez, un spray nasal à base d’eau de mer ou du sérum physiologique. Les personnes dont la muqueuse nasale se trouve desséchée à la suite d’un écoulement nasal important pourront assurer une ré-humidification prolongée.

– Pour les yeux, un collyre, en flacon classique ou en dosettes individuelles, soulagera de façon efficace les démangeaisons et le gonflement des paupières.

Si au bout d’une semaine, les symptômes de l’allergie ne se sont pas améliorés, ou si un autre symptôme se manifeste, notamment une toux ou une allergie cutanée, une sinusite aiguë, une respiration difficile et sifflante, une visite chez le médecin s’impose.

Si besoin, en fonction de l’importance des symptômes et de la gêne éprouvée, il est conseillé de faire appel à un allergologue pour rechercher l’allergie par l’intermédiaire de tests cutanés ou d’un dosage sanguin. Il ne faut pas hésiter à recourir aux tests cutanés aujourd’hui performants et rapides. Il sera ensuite possible de procéder à une désensibilisation à la substance incriminée, un acte désormais bien au point.

Les 10 commandements des personnes allergiques

Toute personne allergique doit si possible:

1. Aérer brièvement seulement pendant la saison des pollens. On peut aérer plus longuement pendant les périodes pluvieuses ou lorsque des grillages anti-pollen (voir www.service-allergie-suisse.ch) sont placés sur les fenêtres.

2. Installer un filtre à pollen dans la voiture et bien l’entretenir.

3. Se laver les cheveux avant de se coucher.

4. Ne pas sécher le linge à l’extérieur.

5. Par beau temps venteux, lorsque la concentration de pollens est plus élevée, il est conseillé de limiter les séjours à l’air libre et de mettre des lunettes de soleil.

6. Tout type de sport d‘intérieur convient.

7. Les personnes allergiques suivant un traitement médicamenteux peuvent généralement se déplacer à l’extérieur sans problème.

8. Prendre l’antihistaminique 1 heure environ avant l’activité sportive.

9. Avant un exercice physique plus important, ne consommer que des boissons et des aliments «sûrs», car un corps sous stress réagit plus vite de manière allergique.

10. Un individu souffrant de réactions croisées alimentaires doit renoncer à consommer des fruits et des noix avant une activité sportive.

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Le cours de l‘euro en question

Depuis l’annonce le 15 janvier dernier de l’abandon du taux plancher à CHF 1,20 pour 1 Euro par la Banque nationale suisse, cette question est sur toutes les lèvres et les conséquences ne se sont pas fait attendre dans certains secteurs de notre économie. Chacun s’inquiète de savoir s’il fera partie des gagnants ou des perdants de cette opération, mais depuis, le cours de l’euro est légèrement remonté. Il nous a paru intéressant de considérer cette question du point de vue de la pharmacie.

 

Quid du prix des médicaments?

Lorsque l‘on parle du médicament, il faut considérer le marché du médicament et son impact sur notre économie dans son ensemble. Actuellement, la Suisse exporte beaucoup plus de médicaments vers l’étranger qu’elle n’en importe. La balance commerciale penche de plus de 40 milliards de francs en faveur des exportations, dont la moitié environ vers l’Union européenne. Il est donc juste de distinguer au sein de l’industrie pharmaceutique les entreprises importatrices, qui vont bénéficier d’un cours de change plus favorable, et les entreprises exportatrices, qui devront faire face à la pression de leurs «acheteurs», en grande partie européens.

Le mécanisme d’ajustement des prix des médicaments remboursés en Suisse prévoit une révision régulière des prix en se basant sur le prix moyen des pays avoisinants (France, Allemagne, Italie, Autriche, Pays-Bas, Danemark, Royaume-Uni), tous les trois ans pour les médicaments brevetés et tous les deux ans

 

pour les médicaments dont le brevet est échu. A ce jour, le taux de change pour la comparaison des prix est de 1,24 francs suisses pour 1 euro; il devra donc probablement être revu à la baisse si le cours de l’euro se stabilise à des valeurs plus basses. Les prix des médicaments remboursés sont administrés, c’est-à-dire qu’ils font l’objet d’une décision de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), à la suite d‘ une négociation avec le fabricant. Pour les médicaments non remboursés, les prix sont libres.

 

Le client en pharmacie, gagnant ou perdant?

Contrairement à ce que l’on a pu lire dans la presse, un grand nombre de fournisseurs de produits thérapeutiques ont revu leurs prix à la baisse. Cela concerne essentiellement les médicaments non remboursés. Ces baisses de prix vont indéniablement profiter aux clients des pharmacies.

Concernant les médicaments remboursés, ils ont connu une baisse constante depuis 2006 en raison, d’une part, de la perte des brevets (remplacement des médicaments originaux par les médicaments génériques) et, d’autre part, de la comparaison des prix avec les pays voisins. Cette tendance à la baisse devrait se poursuivre, voire s’accélérer pour les médicaments génériques.

A l’inverse, les nouveaux médicaments introduits sur le marché (ce qui est de plus en plus rare) le sont avec un prix élevé, considéré comme une prime à l’innovation et permettant au fabricant de couvrir les frais de recherche (on estime à environ 1 milliard de francs les coûts de la recherche pour un nouveau médicament). Globalement, au vu de ce qui précède, le client en pharmacie va profiter de la baisse de la valeur de l’euro par rapport au franc suisse.

 

Et votre pharmacien?

La rémunération du pharmacien sur la vente de médicaments comporte deux éléments principaux (pour faire simple): le premier est directement lié au prix du médicament vendu (marge de distribution); le deuxième est lié à l’acte de remise du médicament (les fameuses taxes RBP) et rétribue le conseil du pharmacien. Les coûts fixes liés à l’exploitation d’une pharmacie (salaires, loyer, administration, …) couvrent une très grande partie des charges, dont près de 60% pour les seules charges salariales. Les coûts variables (immobilisation du stock, …) ne représentent qu’une faible partie des charges. Ainsi, pour le même travail à accomplir et pour les mêmes charges fixes, une baisse des prix des médicaments correspond à une baisse de revenu pour le pharmacien. Cette situation a été confirmée par une étude du KOF (centre de recherches conjoncturelles de l’Ecole Polytechnique de Zurich), qui a montré que près d’un tiers des pharmacies en Suisse n’étaient plus rentables.

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Prenez soin de votre dos!

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le mal de dos concerne environ 30% de la population, et 80% ont touchés par ce mal au moins une fois dans leur vie. La sédentarisation et l’évolution du travail dans les populations occidentales (en particulier la généralisation du travail devant un ordinateur) contribuent à faire de cette pathologie une véritable épidémie.

Selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), le mal de dos concerne environ 30% de la population, et 80% seront touchés par ce mal au moins une fois dans leur vie. La sédentarisation et l’évolution du travail dans les populations occidentales (en particulier la généralisation du travail devant un ordinateur) contribuent à faire de cette pathologie une véritable épidémie. Les facteurs de risque suivants doivent être pris en considération, en particulier pour les personnes souffrant régulièrement de douleurs dorsales:

– Les travaux physiques fatigants, en particulier ceux nécessitant la manipulation de charges lourdes

– L’âge

– La ménopause, le changement de métabolisme (en particulier les œstrogènes) augmentant le risque de développer une ostéoporose

– Le surpoids et l’obésité

– La sédentarité

-Le stress, qui contribue à augmenter les tensions musculaires

– Le tabagisme, comme l’ont montré certaines études, même si les causes ne sont pas encore formellement identifiées.

Les personnes «à risque» devraient être particulièrement à l’écoute de leur corps (et de leur dos) et suivre les recommandations suivantes:

– Eviter de rester trop longtemps en position couchée; bien choisir son matelas et son sommier, qui doivent être plutôt durs

– Effectuer les mouvements correctement, en particulier, porter les objets en gardant le dos droit et en pliant les genoux

-Changer fréquemment de position durant le travail, se lever régulièrement en cas de travail bureautique

– Faire régulièrement du sport, en choisissant une activité sportive adaptée

– Porter de bonnes chaussures

– Porter une ceinture lombaire si nécessaire

5 positions à adopter en cas de douleurs dorsales

1. Debout, la tête droite, le cou allongé et vertical, les épaules horizontales et décontractées, le ventre et les fesses rentrés de manière à soutenir la colonne, le bassin légèrement basculé en arrière, les genoux assez souples et les orteils à plat, le poids du corps également réparti sur les deux pieds.

2. Assis sur une chaise, le dos appuyé contre le dossier, le poids du corps réparti sur les fesses et sur les cuisses, les genoux à angle droit, les pieds à plat par terre. Au besoin, un coussin peut être nécessaire pour régler la hauteur ou l’appui dorsal.

3. Sur un tabouret ergonomique «assis-à-genoux», le bassin étant assis sur une assise inclinée à 5°, le poids du corps déporté vers les cuisses et les genoux appuyés.

4. Debout, incliner le buste vers l’avant et laisser tomber les bras en se relâchant complètement et en expirant lentement par la bouche. Maintenir la position durant 10 secondes et se redresser lentement.

5. Se suspendre à une barre fixe ou à un encadrement de porte. Si cela n’est pas possible, étirer les bras verticalement vers le haut au maximum durant 10 secondes

10 sports à pratiquer en cas de mal de dos

– la natation: se laisser porter par l‘eau qui adoucit l‘impact des gestes effectués

– l’aquagym: en particulier les exercices spécifiques pour muscler le dos

– le stretching: idéal pour étirer la colonne vertébrale

– la marche à pied ou le nordic walking: attention à choisir des chaussures et un terrain adéquats.

– le vélo: il libère la colonne vertébrale et les articulations de la charge corporelle

– le yoga: permet également d’étirer la colonne vertébrale

– le taï chi: aide à relâcher les tensions musculaires

– la gymnastique du dos: parfait pour gagner en masse musculaire, acquérir une bonne tonicité abdominale et gainer

– la musculation: en particulier les exercices spécifiques ou l’usage de machines prévues à cet effet (de type Huber Motion Lab, par exemple)

– le Pilates: permet de travailler à la fois les assouplissements et le gainage abdominal

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L‘aromathérapie

L’utilisation médicale d’extraits aromatiques de plantes est désignée par le terme d’ «aromathérapie». Contrairement à la phytothérapie qui utilise l’ensemble des éléments d’une plante, l’aromathérapie n’utilise que la fraction odorante, volatile et éthérée extraite des végétaux: les huiles essentielles.

 

Un peu d’histoire…  

On retrouve des traces de méthodes de distillation et d’extraction des plantes en Chine et en Inde il y a déjà plusieurs millénaires. Dans l’Egypte ancienne, puis en Grèce, l’utilisation d’extraits de plantes dans la médecine est avérée, alors que les Romains les utilisent plus tard sous forme d’onguent gras. Au Moyen âge, l’alchimiste et médecin persan Avicenne invente l’alambic, facilitant ainsi les procédés d’extraction. A partir du XIXe siècle, on commence à isoler et à classifier les propriétés des différents extraits de plantes. On attribue au chimiste français Gattefossé l’utilisation du terme «aromathérapie» en 1935.

La majorité des huiles essentielles sont extraites par distillation à la vapeur d’eau. Il faut parfois quelques kilos de la partie de la plante sélectionnée (fleur, feuille, bois, …) pour produire quelques gouttes d’huiles essentielles.

On utilise généralement les huiles essentielles sous forme d’onction (dissolution dans une huile), de crème ou de lotion (émulsion de l’huile dans l’eau) pour une application externe. La dispersion sur un sucre est utilisée pour

 

l’administration par voie orale, de même que la dispersion dans le miel ou dans une huile alimentaire. La mise en gélules ou en suppositoires est également possible pour certaines applications thérapeutiques. La diffusion atmosphérique et l’inhalation sont aussi employées.

Des propriétés thérapeutiques reconnues

Les usages les plus courants des huiles essentielles sont nombreux. Outre l’automédication de confort (relaxation, bains, massages, cosmétiques) et la préparation à l’endormissement, les huiles essentielles sont souvent utilisées pour ses propriétés anti-infectieuses (désinfection et cicatrisation des plaies), anti-inflammatoires (traitement des traumatismes), respiratoires, hypotensives, circulatoires, digestives, …

 

Il est important de consulter un spécialiste avant d’utiliser des huiles essentielles, leurs propriétés n’étant pas adaptées à toutes les situations. Il convient ainsi d’être particulièrement vigilant avec les très jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes allergiques. De plus, des effets secondaires potentiellement sévères peuvent survenir, certaines molécules contenues dans les huiles essentielles étant particulièrement actives. En raison de la banalisation de leur utilisation au cours de ces dernières années, les accidents plus ou moins graves se sont multipliés, et nous rappellent que l’information, voire la formation du public est importante. Enfin, certaines huiles essentielles sont toxiques et ne doivent pas être utilisées sans les recommandations d’un spécialiste. On peut mentionner l’amande amère, l’anis vert, l’arnica, le bouleau jaune, le camphre, l’estragon, la gaulthérie, la menthe pouliot, la moutarde, l’origan, la sauge officinale et le thuya.

 

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La phytothérapie

Le mot phytothérapie provient de deux mots grecs qui signifi ent «soigner avec les plantes». Il s’agit dune pratique millénaire basée sur un savoir empirique qui sest transmis et enrichi au fil d‘innombrables générations.

 

Aujourd‘hui, la phytothérapie s‘appuie à la fois sur cette sagesse traditionnelle et sur les découvertes de la médecine moderne. La rencontre relativement récente de ces deux mondes et le peu de normes qui régissent le domaine font que la théorie et la pratique sont encore très disparates. Dans le domaine de la phytothérapie, on remarque deux tendances majeures. Certains intervenants mettent surtout l‘accent sur les connaissances empiriques des plantes et sur leurs effets reconnus depuis la nuit des temps. Ils s‘intéressent aux effets de la plante dans sa globalité, sur tout l‘individu. D‘autres se basent davantage sur les connaissances biochimiques et se préoccupent plutôt des symptômes des maladies et de l‘action des principes actifs des plantes. L‘utilisation des plantes médicinales reste à ce jour la forme de médecine la plus répandue à travers le monde. Cependant, vers la fin du XIXe siècle, elle a connu un rapide déclin en Occident avec l‘avènement de la médecine scientifique et l‘apparition de médicaments modernes (aspirine, antibiotiques, cortisone, etc.). Toutefois, depuis les années 1970, les gens se tournent de nouveau vers les plantes médicinales. Leur popularité grandissante a amené les scientifiques à entreprendre de nouvelles recherches. Au cours des dernières années, quelques revues systématiques et études cliniques aléatoires sur la phytothérapie ont été publiées. Les principaux problèmes de santé étudiés ont été l’arthrite, le cancer, la maladie d’Alzheimer, les symptômes de ménopause et la douleur. Les résultats montrent que la phytothérapie, seule ou en combinaison avec la médecine classique, semble prometteuse dans le traitement de certaines maladies. Par contre, la qualité déficiente de plusieurs de ces études limite les conclusions au sujet de l’efficacité de la phytothérapie.

 

point-d-interrogation_googleEfficacité démontrée ou effet placebo?

Une question se pose d’emblée: pourquoi une plante utilisée entièrement devrait-elle être plus efficace qu’une molécule précise qu’elle contient et que l’on pourrait extraire pour l’administrer sous forme de médicament? Il a été démontré dans certains cas que de puissantes interactions entre les différents composés d’une plante pouvaient en augmenter les effets thérapeutiques, qu’il s’agisse d’interactions pharmacocinétiques (telle substance inhibe ou au contraire active une autre substance) ou de mécanismes épigénétiques (telle substance favorise l’expression de certains gènes qui potentialisent l’action d’une autre substance). Ainsi, dans le traitement des douleurs liées à l’arthrose, la plante appelée «griffe du diable» (harpagophytum) s’est révélée plus efficace que son principe actif, l’harpagoside. Et là où la science n’a pas pu vérifier formellement  l’efficacité d’une plante, on ne doit pas oublier la puissance de l’effet placebo, combiné à l’effet thérapeutique réel de la plante. De ce point de vue, la relation entre le patient et son traitement et en particulier entre le patient et son thérapeute (médecin, pharmacien) est essentielle. Dans la médecine classique occidentale, l’effet pharmacologique d’un médicament est généralement assez fort et diminue apparemment l’efficacité de l’effet placebo au cours du traitement. Dans la médecine alternative, la vision plus humaniste et plus holistique du thérapeute et de son patient favorise l’effet placebo. La médecine devrait d’ailleurs profiter davantage de ce bénéfice. On sait que l’effet placebo compte en moyenne pour environ 30% de l’effet thérapeutique, pour plus de 50% dans un grand nombre de pathologies psychiatriques, et jusqu’à 85% dans le cas de certaines douleurs.

 

Attention aux contre-indications

Généralement, les plantes médicinales d‘usage courant ne provoquent que très peu, voire aucun effet indésirable: c‘est là l‘un de leurs principaux avantages. De plus, l’action synergique des divers constituants commence à être mieux comprise et acceptée par les scientifiques. Enfin, contrairement à certaines croyances populaires, plusieurs plantes ont des effets pratiquement immédiats sur le métabolisme. Tout ce qui est «naturel» n’est pas inoffensif. Certaines plantes sont tout bonnement toxiques et d‘autres peuvent être nocives en cas d’interactions avec d‘autres plantes, médicaments ou suppléments. La prise simultanée de plantes et de médicaments peut entraîner l‘interaction des deux principes actifs et provoquer l‘apparition d‘effets secondaires, parfois graves. Voici quelques exemples:

1) L‘aubépine peut parfois induire des palpitations, de la tachycardie, des maux de tête, des vertiges, des bouffées de chaleur et des troubles gastro-intestinaux. Elle est contre-indiquée pour les femmes enceintes (premier trimestre) et les enfants de moins de 12 ans. Les personnes suivant des traitements cardiaques ou plaquettaires doivent demander l‘avis de leur médecin.

2) La camomille est déconseillée aux asthmatiques allergiques au pollen. Par précaution, son utilisation est également déconseillée pour les femmes enceintes. Il en va de même quand elle est associée avec l‘alcool et les anticoagulants.

3) La valériane peut entraîner de légères nausées ou troubles gastro-intestinaux. Son utilisation est déconseillée pour la femme enceinte, par précaution. La valériane ne doit pas être consommée avec de l‘alcool (risque de somnolence) ni avec d‘autres traitements anxiolytiques ou hypnotiques. Elle peut interagir avec les anticoagulants, les suppléments de fer et les analgésiques opioïdes.

4) Le millepertuis, conseillé dans les cas de dépressions légères, peut diminuer l‘efficacité de certains médicaments comme les anticoagulants, les contraceptifs oraux, les antidépresseurs, etc. Phyto

 

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