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Dossier grossesse

Accoucher en dehors de l’hôpital

En Suisse, près de 2000 bébés naissent chaque année hors de l’hôpital et ne s’en portent pas plus mal. Dans un pays où le système de santé est efficace, il peut paraître incongru de ne pas y avoir recours. Pourtant, quand il s’agit de donner la vie, certaines femmes ressentent le besoin de ne pas se rendre à l’hôpital. Les maisons de naissance sont une vingtaine en Suisse. Elles voient leur nombre d’accouchements augmenter légèrement d’année en année. D’autres parturientes préfèrent donner la vie sans quitter leur domicile.

Entre 2006 et 2013, les accouchements en maison de naissance et à domicile sont passés de 1663 à 2052. Ce type d’accouchements est-il particulièrement risqué? «Un accouchement conduit par une sage-femme a un pronostic comparable à celui pratiqué en milieu hospitalier», explique le Pr Patrick Holfeld (CHUV). «La médecine fait beaucoup de bien, mais elle a ses limites. Plus de médecine n’est pas synonyme de meilleure santé.»

Critères à respecter

Ne peuvent pas accoucher hors de l’hôpital toutes les femmes qui le désirent. «Seules les grossesses à faible risque sont éligibles», explique Yvonne Meyer (Fédération suisse des sages-femmes). «La femme doit être en bonne santé, la grossesse doit bien se dérouler et ce, jusqu’à son terme. Sans oublier que l’environnement psychosocial entourant la femme doit être adéquat. Il faut aussi que le suivi de la grossesse soit fait tout ou en partie par la sage-femme et que des liens se nouent entre cette dernière et le couple.» D’autres contraintes d’ordre pratique doivent être respectées. «Dans le cas d’un accouchement à la maison, la durée du trajet entre le domicile et l’hôpital ne devrait pas excéder 20 minutes», précise Yvonne Meyer.

 

Et Patrick Holfeld d’ajouter: «Il me paraît important de privilégier des structures très proches d’un hôpital, car même quand tout se passe bien, il peut y avoir des surprises.» Le Pr Olivier Irion (HUG) est toutefois plus catégorique: «Un accouchement hors cadre hospitalier peut être dangereux. Même si les complications sont rares, la prise en charge de la parturiente et du foetus peut être très urgente. Des études ont montré que lors d’une naissance à la maison, le risque de mortalité néonatale triple.

La médecine a permis une chute spectaculaire de la mortalité maternelle et de la morbidité néonatale. Grâce à une bonne collaboration entre médecins et sages-femmes, la médicalisation des accouchements se limite souvent à soulager la douleur. L’épisiotomie n’est plus systématique depuis longtemps.» Et le professeur de rappeler que les femmes mettent au monde leur premier enfant à un âge plus avancé que par le passé, ce qui augmente le risque de complications. «Il faut reprendre confiance en la nature, surenchérit Patrick Holfeld. Plus on met de moyens de monitorage et de diagnostic à disposition, plus cela pousse les médecins à l’intervention.

Dans nos régions, le risque de décès d’une mère en cours de grossesse a diminué de 1500 fois en 200 ans!» Et Sandy Estermann, médecin en gériatrie et maman de quatre enfants nés à domicile, de conclure: «Le fait d‘accoucher à l‘hôpital ne ramène pas le risque à zéro. A force de vouloir minimiser les risques, il me semble qu‘on surmédicalise les accouchements. En tant que médecin, j’ai toujours été émerveillée par la perfection du corps humain, intelligence de son fonctionnement, et j‘avais envie de faire confiance à la nature qui est, la plupart du temps, très bien faite.»

 

Un enfant, trois ADN

Une nouvelle technique de procréation médicalement assistée vise à éviter la transmission de maladies génétiques d’origine maternelle. Elle vient de recevoir le feu vert des députés britanniques.

Les nourrissons nés grâce à cette nouvelle technique hériteront essentiellement du patrimoine génétique de leur mère et de leur père. Seul leur ADN mitochondrial, qui ne représente qu’une infime portion de leur génome (moins de 1%), proviendra d’une donneuse, ce qui permettra de les préserver de maladies graves. Les mitochondries, ces petites structures qui servent de centrale énergétique aux cellules, possèdent leur propre ADN, distinct de celui contenu dans le noyau cellulaire. Cet ADN mitochondrial est uniquement transmis par la mère. Lorsqu’il porte des mutations, cela génère chez le nourrisson des maladies très diverses, dont certaines sont sévères. Suivant la nature de l’anomalie génétique, on peut assister à des retards de développement, des problèmes auditifs, musculaires ou à bien d’autres troubles.

Bébé hérite des chromosomes de sa mère

La technique du «transfert du fuseau maternel», mise au point par des chercheurs britanniques de Newcastle, consiste à prélever un ovocyte chez la donneuse, à ôter son noyau et à le remplacer par le noyau d’un ovocyte de la future mère. L’oeuf obtenu est ensuite fécondé et réimplanté dans l’utérus maternel. L’enfant héritera ainsi des chromosomes de sa mère et seul son ADN mitochondrial viendra d’une tierce personne, ce qui ne changera quasiment rien à son héritage génétique.

Soupeser les risques

Cette méthode a été testée chez des souris et des primates, dont les descendants n’ont pas présenté d’anomalies, même à long terme. Certes, entre le singe et l’être humain, il y a un pas et il reste des incertitudes, notamment concernant les interactions entre l’ADN de la mitochondrie et celui du noyau. C’est pour cette raison qu’il faudra veiller à suivre les enfants pendant plusieurs années. Cependant, si risque il y a, il doit être comparé à celui que l’on prendrait si l’on ne faisait rien. Dans ce dernier cas, on s’expose à avoir un enfant souffrant d’une maladie gravissime. Quoi qu’il en soit, le transfert d’ADN mitochondrial sera probablement réservé à des situations extrêmement rares.

 

Comment retrouver la forme après une grossesse

Pendant la grossesse et l’accouchement, le corps a été mis à mal. Après plusieurs mois où les hormones de grossesse ont été au plus haut, celles-ci chutent subitement après l’accouchement, entraînant un déséquilibre et une fatigue importante.

Voici donc quelques conseils pour retrouver la forme après une grossesse:

Etape n° 1: soigner son alimentation

Une alimentation variée et équilibrée est primordiale pendant et après la grossesse. Pour accélérer la perte de poids, certaines femmes sont tentées de suivre un régime très sévère, ce qu’il faut absolument éviter, surtout en cas d’allaitement. Les vitamines et nutriments sont indispensables à la santé de la mère et du bébé. Privilégier les protéines, les sucres lents ainsi que les fruits et légumes, tout en pratiquant une activité physique, permet de retrouver rapidement son poids initial. Certaines jeunes mamans ont également tendance à perdre leurs cheveux après la grossesse. La consommation d’aliments riches en vitamine B, fer et calcium peut pallier ce désagrément

Etape n° 2: ne pas faire l’impasse sur la rééducation

Le rôle du périnée est très important: cet ensemble de muscles soutient les organes d’une partie du bassin (vessie, utérus, rectum). Faire l’impasse sur la rééducation périnéale peut provoquer une incontinence urinaire ou un prolapsus (couramment appelé «descente d’organes ») et ainsi compromettre la qualité de la vie sexuelle. Il est généralement conseillé de commencer cette rééducation environ 6 à 8 semaines après l’accouchement, voire plus tard, si la jeune mère choisit d’allaiter.

Etape n° 3: reprendre une activité physique

La pratique d’une activité sportive est nécessaire pour faciliter la perte de poids et retonifier le corps, mais également pour limiter le stress lié à la maternité. La plupart du temps, elle est recommandée 2 mois après la grossesse, après la rééducation périnéale. Cependant, dans le cas d’une césarienne ou d’une épisiotomie, il faut attendre plus longtemps.

Etape n° 4: prendre du temps pour soi

Près de 80% des jeunes mères sont victimes de baby blues au cours des semaines qui suivent l’accouchement. Cet état d’incertitude, de mélancolie voire de tristesse, expliqué par le changement hormonal, disparaît très vite. Il arrive cependant qu’il perdure: on parle alors de dépression postpartum, qui concerne 10 à 15% des mères. Les symptômes sont semblables à ceux du baby blues, à savoir une profonde tristesse, des angoisses, des insomnies et des pertes d’appétit, auxquels s’ajoute également un désintérêt pour le bébé. Pour éviter cette dépression postpartum, il est capital de prendre du temps pour soi. De nombreux ajustements vont bouleverser les habitudes de vie, d’où la nécessité de réorganiser son emploi du temps de sorte à ne pas se laisser déborder et à ménager des moments pour soi pour se reposer et se retrouver.

 

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Santé – Renforcez votre système immunitaire

Comment renforcer votre système immunitaire, augmenter vos défenses et vous protéger des maladies infectieuses?

Nous sommes régulièrement exposés à des centaines de corps étrangers et d’agents pathogènes. Les facteurs déclencheurs les plus fréquents sont les virus et les bactéries. Notre système immunitaire est conçu pour nous protéger des maladies. Certaines personnes ont un système immunitaire intact, mais présentent une faiblesse immunitaire ou plutôt une sensibilité aux infections, qui les expose à des infections récurrentes, notamment au niveau des voies respiratoires. Le risque d’infection est particulièrement important chez les enfants, les fumeurs et les personnes déjà atteintes d’une affection pulmonaire, en particulier les patients souffrant de BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive).

Systèmes immunitaires inné et acquis

Le système immunitaire se compose d’un ensemble de processus complexes, inhérents à notre organisme, pour le défendre contre les substances étrangères ou nocives, les agents pathogènes et les cellules déficientes. D’une manière générale, on distingue le système immunitaire inné (non spécifique) et le système immunitaire acquis (spécifique).

Le système immunitaire inné comprend notamment les barrières telles que la peau et les muqueuses, les réactions inflammatoires aux corps étrangers ou aux infections ou encore les composants sanguins capables de détruire les cellules malades. L’une des principales différences du système immunitaire inné par rapport au système immunitaire acquis réside dans le fait que le système inné est en mesure d’assurer une défense efficace dès le premier contact avec une menace.

Avec le système immunitaire acquis, en revanche, il faut qu’il y ait un premier contact, avec un virus ou une substance étrangère à l’organisme, par exemple. Des cellules spécifiques se forment alors contre ces substances étrangères («antigènes», dans le jargon médical), libérant des substances immunitaires (anticorps) pour détruire la menace ou capables de détruire directement les cellules étrangères. Le principal avantage du système immunitaire acquis est sa «mémoire». Grâce aux cellules mémoires, le corps peut réagir de manière rapide et efficace contre l‘antigène, même après plusieurs années.

Les systèmes immunitaires inné et acquis travaillent de concert pour assurer la défense du corps.

Faiblesse immunitaire et immunodéficience

Les termes «faiblesse immunitaire» ou «défenses immunitaires affaiblies» prêtent à confusion, mais sont souvent utilisés pour désigner des enfants et des adultes qui développent des infections de manière récurrente, notamment au niveau des voies respiratoires supérieures. Pour ces personnes, il serait plus adapté de parler de sensibilité aux infections que de faiblesse immunitaire, étant donné que l’existence d’une telle déficience est difficile à prouver, sauf s‘il y a réellement une défaillance pathologique du système immunitaire.

Il convient de différencier clairement une sensibilité aux infections (faiblesse immunitaire) et une immunodéficience. Dans le cas d’une déficience immunitaire, la restriction de la fonction immunitaire peut être démontrée et évaluée par le biais d’examens médicaux. On connaît un certain nombre d’immunodéficiences congénitales et acquises (SIDA ou effets indésirables de médicaments, par exem-

ple). Les personnes concernées tombent souvent malades et peuvent, à partir d’infections relativement bénignes, développer des maladies graves, engageant parfois le pronostic vital.

Cet article fait le point sur la manière dont vous pouvez renforcer votre système immunitaire.

Les facteurs de risques d’un système immunitaire faible

Parmi les facteurs de risques les plus importants, on peut mentionner la malnutrition. Une alimentation mal équilibrée (en quantité et en qualité) est la cause la plus fréquente de déficit immunitaire.

Dans le même registre, on distingue le surpoids ou l’obésité, l’excès de tissu adipeux lésant les fonctions immunitaires.

Le mode de vie joue également un grand rôle. Ainsi, la sédentarité ou au contraire le surentraînement, le manque de sommeil ou le stress chroniques sont des facteurs aggravants.

Le rôle de l’exposition aux toxines (produits de nettoyage, herbicides, pesticides,…) et aux pollutions atmosphériques (fumées, bactéries, moisissures,…) a aussi été démontré.

La prévention est la meilleure option

Une adaptation, parfois mineure, de nos habitudes de vie représente la meilleure arme pour conserver un système immunitaire vigoureux.

Une alimentation saine constitue la base de la stratégie de prévention. Elle doit apporter en suffisance les micronutriments contribuant à une bonne défense immunitaire: zinc, sélénium, fer, cuivre, calcium, acide folique et les vitamines A, B6, C, E2 et E3.

Elle consiste à consommer des fruits et des légumes, ainsi qu’une ration adaptée de protéines et de «bon gras» à chaque repas.

Certains champignons (pleurote, shiitake), seraient à privilégier ainsi que l’ail, l’oignon et l’échalote.

Il ne faut pas négliger les bienfaits d’une activité physique modérée régulière.

L’impact positif sur la santé globale (système cardiovasculaire, maintien de la masse musculaire, contrôle du poids) serait également valable pour le système immunitaire, par une amélioration de la circulation dans le corps des substances utiles aux défenses immunitaires. Chez les personnes âgées, il a été démontré que l’activité physique contribuait à prévenir le déclin des fonctions immunitaires. Attention toutefois au surentraînement qui causerait des infections des voies respiratoires.

La gestion du stress est une autre composante importante. Il faut prêter une attention particulière aux stress fréquents et constants (comme concilier l’activité professionnelle avec la vie de famille, ou prendre soin d’un proche malade), plus néfastes que les stress ponctuels.

En situation de stress, l’organisme libère des hormones comme le cortisol et l’adrénaline, qui nuisent aux défenses immunitaires. En cas de stress récurrent, la consultation d’un psychologue peut aider à mieux comprendre et mieux gérer ces situations.

Enfin, les mesures d’hygiène usuelles sont utiles, sans toutefois en abuser.

Trop d’hygiène nuirait à la santé

Plusieurs études scientifiques font le lien entre une hygiène trop scrupuleuse et le développement de certaines maladies.

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C’est là l’un des paradoxes de la vie moderne: les progrès de la médecine et de l’hygiène ont entraîné une forte réduction de la mortalité dans les pays développés, mais certaines pathologies y sont aussi devenues plus fréquentes. C’est le cas notamment des allergies, de l’asthme ou des maladies autoimmunes comme les inflammations chroniques de l’intestin, autant de pathologies liées à un déséquilibre du système immunitaire. L’une des hypothèses permettant d’expliquer ce phénomène est celle d’un excès d’hygiène, qui empêcherait notre immunité de se «régler» correctement, particulièrement au cours de l’enfance. Un peu de souplesse dans la propreté des enfants semble donc souhaitable, sans pour autant renoncer à l’hygiène élémentaire.

Plusieurs observations suggèrent l’existence d’un lien entre le développement des allergies ou des maladies auto-immunes et le mode de vie dans les pays développés. D’abord, ces pathologies sont beaucoup moins répandues dans les pays pauvres; de plus, elles ont tendance à apparaître dans les familles de migrants qui s’installent dans des pays plus riches. «Une étude a également montré que la prévalence des allergies dans la population de l’Allemagne de l’Est, à l’origine faible, avait rejoint celle de l’Allemagne de l’Ouest quelques années seulement après la réunification du pays, ce qui peut être mis en lien avec l’amélioration des conditions de vie à l’Est», relate pour sa part François Spertini, allergologue au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), à Lausanne. Comment expliquer ce phénomène? Selon certains scientifiques, l’adoption d’un haut standard de propreté dans nos sociétés pourrait en être la cause. La plupart d’entre nous grandissons en effet désormais à l’abri des virus et autres pathogènes, dans un environnement urbain aseptisé, où les contacts avec les animaux sont réduits. Le développement des vaccins, qui nous protègent contre les affections les plus dangereuses, et celui des antibiotiques, qui aident notre corps à se défendre contre les bactéries, concourt également à laisser notre système immunitaire au repos. Insuffisamment stimulé pendant l’enfance (période charnière pendant laquelle se mettent en place de nombreux mécanismes immunitaires), il fonctionnerait par la suite de manière inadéquate, soit en attaquant notre propre corps dans le cas des maladies auto-immunes, soit en identifiant certaines substances anodines (telles que le pollen) comme dangereuses pour la santé, dans le cas des allergies.

Cette théorie dite «de l’hygiène» s’appuie sur un certain nombre d’études scientifiques. Celles-ci ont notamment démontré que les enfants d’agriculteurs, habitués à gambader parmi le foin et les vaches dès leur plus jeune âge, souffraient moins d’allergies que les autres. Même constat chez les enfants nés dans une grande fratrie, plus exposés aux virus et bactéries échangés avec leurs frères et sœurs que les enfants uniques, et chez les enfants qui fréquentent les crèches par rapport à ceux qui restent à la maison. Enfin, d’après une recherche récente, les enfants dont les urines contiennent un taux élevé de triclosan, composé antibactérien utilisé dans différents produits d’hygiène, souffrent plus que les autres d’allergies et de rhume des foins. Une utilisation excessive des savons et autres déodorants «tueurs de bactéries» pourrait donc avoir des effets néfastes.

Les mécanismes exacts qui lient propreté excessive et pathologies du système immunitaire demeurent cependant mystérieux. «On sait que l’exposition à certains composants issus de bactéries ou de virus a un effet régulateur sur le système immunitaire et va donc protéger contre l’allergie», explique François Spertini.

C’est ainsi que les personnes ayant contracté une hépatite A ou une tuberculose sont rarement allergiques. L’excès d’hygiène pourrait aussi être néfaste au développement de notre flore intestinale ou microbiote.

Or, l’on sait aujourd’hui que les milliards de bactéries qui peuplent notre système digestif jouent un rôle majeur dans notre santé. Les pathologies inflammatoires chroniques de l’intestin, par exemple, seraient liées à un déséquilibre du microbiote.

Faut-il par conséquent renoncer à laver avec rigueur ou même à soigner son enfant, par crainte de dérégler son système immunitaire? Sans doute pas, car cela lui ferait courir le risque de développer des maladies infectieuses potentiellement graves, sans garantie de le protéger à coup sûr contre les allergies et maladies auto-immunes. «On peut cependant recommander aux parents d’être un peu moins tatillons sur l’hygiène, en laissant par exemple leurs enfants marcher à quatre pattes sur le sol ou jouer avec des animaux sans les nettoyer ensuite systématiquement», indique François Spertini. Adopter un chat ou un chien dans la famille semble aussi être une bonne idée, la présence d’un animal ayant un effet protecteur contre l’allergie et l’asthme, du moins chez les enfants qui n’ont pas de prédisposition génétique à ces maladies et qui n’en souffrent pas déjà.

Mobiliser le système immunitaire pour lutter contre le cancer

L’immunothérapie a été qualifiée de «percée de l’année 2013» par la revue Science. Cette nouvelle approche de la thérapie anti-cancéreuse consiste à mobiliser le système immunitaire pour qu’il lutte efficacement contre la tumeur. Et elle suscite en effet de très nombreux espoirs.

Armée et police

Véritable armée de notre organisme, le système immunitaire nous défend contre les agents pathogènes (virus, bactéries, parasites) qui pénètrent dans notre corps. Mais il est aussi censé jouer les policiers et nous protéger contre les agresseurs internes, en particulier les cellules cancéreuses qui menacent notre santé. Parfois, il y parvient. Toutefois, bien souvent, il est débordé par la tâche à accomplir et les cellules malignes réussissent à se multiplier, formant des tumeurs ou même des métastases. C’est là qu’intervient l’immunothérapie. Celle-ci cherche à augmenter l’efficacité du système immunitaire dans sa lutte contre les «ennemis de l’intérieur».

L’une des pistes explorées consiste à débloquer les freins qui entravent son fonctionnement et à l’aider à reconnaître les cellules tumorales, afin de mieux les détruire.

Une autre voie de recherche passe par la vaccination «thérapeutique». Ces vaccins, qui visent à traiter la maladie et non à prévenir son apparition, ressemblent pourtant à ceux qui protègent contre la grippe et la rougeole. A cette différence près qu’au lieu de renfermer un morceau de virus ou de bactérie, ils contiennent un fragment de la tumeur du patient.

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Des «bombes» anti- cancéreuses

Pour booster le système immunitaire, on essaie par ailleurs de transformer certains de ses composants en véritables «bombes» susceptibles de détruire les cellules malignes. Le choix s’est porté sur des globules blancs particuliers, les lymphocytes T, qui ont de multiples talents. Ils peuvent se déplacer dans tout l’organisme pour poursuivre leur cible. Ils ont aussi de la mémoire et s’attaquent plus efficacement à un type de cellule tumorale qu’ils ont déjà eu l’occasion de rencontrer.

Pour mettre à profit ces facultés, on extrait quelques lymphocytes du patient et on les modifie en laboratoire afin de les aider à mieux reconnaître leur cible. Ensuite, on multiplie ces bombes pour en fabriquer plusieurs milliards que l’on injecte dans le sang du patient. Ce traitement est toxique, lourd et coûteux, mais en combinaison avec la vaccination, il a déjà permis de guérir quelques patients souffrant de mélanome malin avec des métastases, un cancer quasiment incurable.

Une tout autre stratégie vise les cellules tumorales qui, malignes, se préparent à l’arrivée des policiers pour mieux les désarmer et même les utiliser à leur profit. Dans ce cas, on mobilise des «services spéciaux»: les anticorps du système immunitaire, dont on fabrique des milliers d’exemplaires à partir d’une seule cellule, clonée, d’où leur nom d’anticorps monoclonaux.

Certains d’entre eux ont déjà reçu une autorisation de mise sur le marché dans le domaine du mélanome métastatique.

Les approches de l’immunothérapie sont donc multiples et, combinées entre elles ou avec des chimiothérapies, elles pourraient permettre d’offrir aux patients cancéreux des traitements personnalisés.

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Prévention – Alcool

Alors qu’un large consensus pour la lutte contre le tabagisme trouve un fort écho dans l’opinion publique, et que la consommation tend à diminuer, une autre question majeure de santé publique et de prévention, l’abus d’alcool, peine à susciter la même attention. En cette période de vendanges, nous revenons sur quelques aspects importants de cette problématique.

 

Pourquoi l’alcool est-il nuisible à l’enfant dès le début de la grossesse?

Les méfaits d‘une consommation d‘alcool chez la femme enceinte sont connus. Des chercheurs anglais lèvent maintenant le voile sur les mécanismes impliqués dans ce phénomène. Une raison supplémentaire pour inciter les femmes enceintes à la plus grande modération.

Il y a près d’un demi-siècle, le pédiatre français Paul Lemoine décrivait pour la première fois ce qui allait s’appeler le «syndrome d’alcoolisation fœtale». Comprenez l’ensemble des symptômes et des anomalies (souvent graves) dus à la consommation (importante ou très importante) d‘alcool par la future mère pendant la grossesse.

La toxicité des boissons alcoolisées perturbe de façon plus ou moins marquante le développement des organes du fœtus. Selon les quantités d’alcool ingérées et le stade de la grossesse, on observe différentes malformations et déficiences intellectuelles chez les enfants concernés.

Alcool: tolérance zéro?

Depuis 1968, les observations du Dr Lemoine ont été amplement confirmées dans différents pays où l’alcoolisme sévit de façon chronique. Ces études ont progressivement conduit les autorités sanitaires à recommander de manière de plus en plus pressante l’abstinence absolue chez les femmes enceintes.

C’est ainsi que sont apparues, assez récemment, des campagnes de prévention basées sur le thème «zéro alcool pendant la grossesse». En pratique, la question la plus souvent posée demeure de savoir quelle quantité maximale d’alcool une femme enceinte peut boire sans nuire au développement de l’enfant qu’elle porte.

 

Premières semaines de grossesse

Une étude menée sur ce thème par des chercheurs et des médecins anglais apporte de nouveaux éléments. Elle permet de comprendre de quelle manière les molécules d’alcool ingérées par la femme enceinte peuvent affecter le développement de l’embryon. Cette équipe s’est tout particulièrement intéressée à l’impact des consommations d‘alcool modérées ou élevées durant le premier trimestre de la grossesse, période critique pour le bon développement des organes du nourrisson, assuré via le placenta.

Les chercheurs ont notamment étudié de manière expérimentale les effets de l’alcool sur des cellules impliquées dans la formation du placenta aux premiers stades de la grossesse, peu de temps après la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde.

Le rôle de la taurine

L’hypothèse selon laquelle la molécule d’alcool et celle issue de sa dégradation (acétaldéhyde) étaient toxiques dès ce stade de la grossesse est confirmée. En analysant la croissance de cultures cellulaires en fonction de différents taux d’alcool, les chercheurs ont notamment mis en évidence le rôle de la taurine. Cet acide aminé essentiel pour le développement est impliqué dans les mécanismes de neurotransmission.

Il apparaît ainsi que l’alcool, à de faibles concentrations, ne semble pas avoir d’effet sur la croissance et le fonctionnement des cellules placentaires. En revanche, l’alcool à des taux modérés et élevés réduit le transport de la taurine de la mère à l’enfant, via le placenta. Or, l’on sait par ailleurs que cet acide aminé est essentiel pour le développement cérébral et physiologique de l’enfant.

Cette réduction de l’apport en taurine peut donc avoir des effets négatifs sur son comportement et son développement physique. Il pourrait ainsi contribuer à expliquer les symptômes qui caractérisent le syndrome d’alcoolisation fœtale.

Conséquences indélébiles

Ces résultats ont des implications pratiques. La consommation de boissons alcoolisées pouvant être considérée comme acceptable dans la population générale peut, en tout début de grossesse, avoir un impact négatif sur le placenta, voire des répercussions irréversibles sur le développement fœtal et embryonnaire.

Il s’agit là d’une donnée importante lorsqu’on sait que plusieurs semaines peuvent s’écouler entre la fécondation et la découverte d’une grossesse.

Alcool et ados: les outils utiles pour leur parler

Si les mots vous manquent au moment de parler des risques liés à l’alcool avec votre adolescent, voici quelques outils qui peuvent vous être utiles. « Addiction Suisse » propose une palette d’outils pédagogiques, destinés en premier lieu aux enseignants, mais aussi aux parents désireux de s’informer (et mieux d’expliquer), ainsi qu’aux adolescents intéressés par le sujet. C’est le cas du site www.alcooldanslecorps.ch qui explique de manière ludique et interactive les effets de l’alcool sur le cerveau, le corps, etc.

Pour en savoir plus sur l’attitude à adopter en fonction de l’âge, consultez la brochure d’Addiction Suisse: l’alcool – comment en parler avec les ados. (http://www.addictionsuisse.ch/fileadmin/user_upload/DocUpload/Alcool_parler_ados.pdf)

Le programme de prévention Be my angel tonight (www.bemyangel.ch) préconise aux groupes de décider en début de soirée qui conduira. Une application mobile pour smartphones (alcoo-sim) propose au conducteur d’évaluer son taux d’alcool dans le sang et l’heure à laquelle il sera en mesure de conduire. Alcotool.ch est un site interactif dédié aux jeunes qui comprend une auto-évaluation (avec un rapport détaillé), un agenda de consommation et un outil visant à aider ceux qui veulent diminuer leur consommation d’alcool.

Alcool et cancer

La consommation d‘alcool est associée de façon dose- dépendante à une augmentation de l‘incidence de plusieurs types de cancers. Tous les types de boissons alcoolisées semblent impliqués. Voici une vue d’ensemble du rôle joué par l’alcool dans le développement de certains cancers.

Cancer de la bouche, du pharynx, de l’œsophage et du larynx

Ces cancers sont en étroite corrélation avec la consommation d’alcool. Le tabac et l‘alcool interagissent au niveau du risque de tels cancers, environ 37 fois plus élevés chez les grands buveurs/grands fumeurs, que chez les non-buveurs non-fumeurs. Parmi les non-fumeurs, les grands buveurs encourent un risque de cancer 6 fois supérieur aux abstinents. Il est intéressant de noter que les adeptes des bains de bouche présentent également un risque élevé de cancers de la bouche, ce qui donne à penser que l‘alcool influencerait la carcinogenèse plus par voie locale que par voie générale. En dehors de l‘alcool et du tabac, une mauvaise alimentation est fortement associée au risque de cancer buccal et de cancer du pharynx.

Le cancer de l‘œsophage est fortement associé à l‘alcoolisme, et ici aussi, l‘alcool s‘associe au tabac en majorant le risque. Même chez les non-fumeurs, les grands buveurs présentent un risque 10 fois supérieur de développer un cancer de l‘œsophage que les abstinents complets. Bien que le risque de cancer de l‘œsophage augmente avec la quantité d‘alcool absorbée, il semble que les consommateurs de boissons à haute teneur en alcool soient plus sensibles à ce type de cancer que les buveurs de vin et de bière. Comme dans le cas du cancer buccal et du cancer du pharynx, l‘alcool aggrave les effets d‘une mauvaise alimentation.

 

Cancer du foie

L’alcool est un poison avéré du foie et la destruction des tissus hépatiques qu’il provoque peut être à l’origine de cirrhoses alcooliques, la cirrhose pouvant ensuite dégénérer en cancer du foie.

Cancer colorectal

Des études comparatives portant sur différentes populations tendent à prouver l‘incidence de la consommation de boissons alcoolisées sur le risque de développement de cancers colorectaux. La bière présente une corrélation positive au cancer rectal, plus fréquemment chez l‘homme que chez la femme.

Cancer du sein

Dans de nombreuses études, les signes d‘un lien entre alcoolisme et cancer du sein sont évidents. Mais la grande variabilité des résultats et la faible pente de la courbe dose-réponse ne permettent pas de tirer de conclusions définitives. Certains chercheurs pensent cependant que les éléments de preuve sont suffisants pour dénoncer le rôle dose-dépendant de l‘absorption d‘alcool dans le développement de cancers du sein.

Règles pour limiter les risques de cancer liés à l‘alcoolisme

L‘usage principal de boissons non alcoolisées, associé à une consommation accessoire et non habituelle de boissons alcoolisées devrait être une règle de base. La quantité, le rythme d‘absorption ainsi que la qualité des boissons absorbées doivent être clairement définis. Entre les repas, et lorsque l‘estomac est vide, seule l‘eau et les boissons sans alcool doivent être consommées. Pendant les repas, l‘eau doit toujours constituer la boisson de base, et si une boisson alcoolisée est consommée, elle le sera en petite quantité et de façon tout à fait occasionnelle. La consommation même modérée d‘alcool majore le risque de cancer.

Quantité d‘alcool légale par verre

Les consommations servies dans les lieux publics, tous alcools confondus, contiennent généralement toutes la même quantité d‘alcool pur, à savoir 8 à 12 g par verre.

Equivalence entre les verres d‘alcool

C‘est ainsi que 1 verre de vin = 1 digestif = 1 verre de cidre = 1 verre de bière = 1 porto = 1 whisky = 1 pastis = 1 verre de champagne (un verre étant à chaque fois la dose standard servie dans un «bar-café»).

 

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La rentrée scolaire; Phobie – Mon enfant ne veut plus aller à l’école

Quel enfant n’a pas eu un jour envie de rester à la maison plutôt que d’aller à l’école? Chez certains, toutefois, il s’agit moins d’un caprice passager que d’une véritable phobie scolaire, qui nécessite alors une prise en charge psychologique. Environ un pour cent des enfants refusent un jour d’aller à l’école, de manière irrationnelle. Et c’est souvent l’enfer, pour lui et ses proches. On parle de «phobie scolaire» ou de «refus scolaire anxieux».

Angoisse de séparation

Quels sont les mécanismes liés à cette soudaine impossibilité d’aller en classe? S’agit-il d’une phobie au même sens que celle de la peur des araignées? «Je parlerais plus d’une difficulté à partir de la maison, d’une angoisse de séparation, que d’une véritable phobie. Il s’agit d’un symptôme, et non d’une maladie, qu’il ne faut ni dramatiser ni banaliser», relève Rémy Barbe, médecin responsable de l’Unité d’hospitalisation du Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Les épisodes de phobie scolaire apparaissent souvent à l’occasion d’une modification dans l’organisation familiale (naissance, décès, chômage, maladie, déménagement). L’enfant s’inquiète à l’idée de laisser un parent à la maison.

Ce trouble se manifeste aussi à la faveur de changements scolaires (entrée à l’école puis cycle d’orientation), voire lors de problèmes à l’école, mais c’est plus rare. Enfin, dans 20% des cas, c’est l’expression d’une dépression.

Tous les enfants ont un jour exprimé une réticence à aller à l’école, prétexté des maux de ventre ou autre maladie, sans pour autant tomber dans un refus absolu de se rendre en classe. Qu’est-ce qui fait que la situation se dégrade au point d’arriver à une impasse?

Retour à l’école impossible

Le médecin poursuit: «Cela dépend de la manière dont les parents se positionnent par rapport à l’angoisse de leur enfant. Certains n’arrivent pas à leur dire qu’ils doivent se rendre à l’école. Cela peut les arranger, inconsciemment, que leur enfant reste à la maison, ils peuvent aussi ressentir une empathie liée à leurs propres difficultés. Ce n’est pas «de la faute» de l’enfant ou du parent, mais il y a toujours une co-construction de la situation entre les deux parties. Petit à petit, le comportement devient chronique, sa cause peut disparaître, mais le retour à l’école devient quasiment impossible. Cela peut donner lieu à des scènes dramatiques qui se terminent aux urgences!».

Le rôle des urgences

Arriver aux urgences de pédopsychiatrie pour avoir refusé d’aller à l’école, cela peut sembler excessif. Ce n’est pourtant pas un indice de gravité du cas mais plutôt de la durée du symptôme et de la violence de la réaction de l’enfant ou de l’adolescent.

On pourrait penser que les cas de phobie scolaire sont en augmentation. Ce n’est pas ce que montrent les études. Par contre, le recours aux urgences est en forte augmentation, soit environ un cas par semaine, alors qu’il était exceptionnel il y a encore quelques années. Cela serait donc plus lié à la manière de gérer les cas par l’entourage qu’à une fréquence plus élevée de leur survenue.

L’hospitalisation

Lors d’une hospitalisation, les médecins essaient dans un premier temps de comprendre dans quel contexte la phobie s’est déclarée. En parallèle, l’enfant recommence à aller à l’école depuis l’hôpital. Un professionnel l’accompagne, généralement un infirmier. «Parfois ça marche, parfois il y a des crises, mais nous persistons», souligne le médecin. «Les interactions entre les enfants et les soignants sont moins passionnées qu’entre les enfants et les parents. Nous sommes aussi en lien avec le personnel scolaire et nous recherchons avec eux des solutions, par exemple, pour que l’enfant se sente accueilli lors de son retour à l’école. Il y a aussi bien sûr tout un travail à faire avec les parents.»

Si le séjour de l’enfant se prolonge, il se voit généralement proposer une hospitalisation de jour, de 9 à 16 heures, deux à trois jours par semaine. Les enfants reprennent ainsi l’habitude de partir de la maison.

Le tout est d’arriver à leur permettre de reprendre un rythme et de se réintégrer.

Des outils pour affronter la phobie scolaire

En général, les cas de phobie scolaire sont traités en cabinet. «Dans un premier temps, il faut explorer les causes de la survenue de ce refus d’aller à l’école. Il y a toujours un élément déclenchant, que ce soit dans la famille ou à l’école», relève Sabine Sauty, thérapeute de soutien dans les troubles anxieux et les phobies à Genève.

«J’essaie aussi de faire comprendre aux parents que le fait de soustraire leur enfant à l’obligation d’aller à l’école renforce leur refus. C’est très délicat car, pour résoudre le problème, il faut se confronter à la situation qui provoque l’angoisse ou la phobie. Mais si cela est fait trop violemment, on renforce encore le comportement de rejet de l’enfant. Une fois le problème identifié, je procède à une désensibilisation progressive, en utilisant notamment des techniques cognitivo-comportementales. L’enfant retourne à l’école, une heure, puis deux, etc. Pour que les enfants arrivent à affronter leur angoisse, je leur donne différents outils, comme la relaxation ou l’autohypnose. Ils apprennent aussi à identifier les pensées négatives qui surgissent pour les remplacer par d’autres.»

Source: www.planetesante.ch

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La rentrée scolaire – Stress et alimentation – Les deux font la paire

Le stress engendre-t-il forcément une prise de poids? Quelles sont les vraies questions à se poser?

Ai-je vraiment faim? Pourquoi ai-je envie de manger? Parce que je suis triste, je me sens seul, je me sens moche, nul(le) ou peut-être parce que j’ai besoin d’une récompense, par habitude devant la télévision. D’ailleurs, je ne sais pas bien ce que j’ai mangé, je l’ai mangé trop vite et mon esprit était ailleurs.

Pourquoi mange-t-on facilement les produits gras et sucrés en excès?

Parce que ce sont aux graisses que l’on doit la saveur des aliments. La graisse fond dans la bouche, rend la texture des aliments plus onctueuse et les aliments plus délectables. Les principaux accusés: les graisses saturées comme le beurre et la crème. Quant aux produits sucrés, ils nous procurent du bien-être en libérant des neuro-hormones apaisantes.

Le comportement alimentaire est parfois dépendant des émotions, du moins chez les personnes prédisposées, ce qui peut être considéré comme néfaste. L’état psychologique de l’individu influence sa capacité à perdre du poids, ou à en prendre.

Lorsqu’un stress apparaît, cet état d’angoisse et de nervosité plus ou moins conscientisé va générer un mal-être. Or, la prise de nourriture apaise cet état par ses effets calmants. D’autres activités orales comme mâcher du chewing-gum ou manger du chocolat, par exemple, peuvent aussi le procurer.

Le grignotage est donc une réponse fréquente au stress et se trouve souvent, lorsqu’il est répétitif, à l’origine d’une prise de poids.

Certains individus sont très sensibles aux stimuli extérieurs, c’est-à-dire à la profusion et à la diversité des aliments appétissants à disposition en toutes circonstances et à toute heure, et à la publicité télévisée bien construite sur les produits alimentaires industrialisés. Des études scientifiques récentes ont d’ailleurs prouvé que le matraquage publicitaire envers les enfants et les adolescents modifie leur comportement alimentaire de façon néfaste.

Source: www.planetesante.ch

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La rentrée scolaire – Migraine; la prise de tête!

Bien que parfois invalidants, les maux de tête (que les médecins appellent céphalées) sont souvent bénins et ne nécessitent généralement pas d’examens complémentaires. Il existe de très nombreux types de maux de tête, dont l’un des plus connus est la migraine.

Bien que parfois invalidants, les maux de tête (que les médecins appellent céphalées) sont souvent bénins et ne nécessitent généralement pas d’examens complémentaires. Il existe de très nombreux types de maux de tête, dont l’un des plus connus est la migraine.

Brève description

La migraine est l’une des céphalées les plus fréquentes. Elle concerne 12% de la population occidentale. Elle se manifeste par des épisodes de maux de tête intenses, souvent associés à des nausées, des vomissements, une intolérance au bruit et à la lumière. Sans traitement ou avec un traitement inapproprié, les crises durent de 4 à 72 heures. Des facteurs psychologiques, hormonaux, climatiques, alimentaires ou liés au mode de vie peuvent déclencher une crise. Lorsque les maux de tête s’accompagnent de troubles de la vue, de troubles sensitifs (fourmillement d’une partie du corps) ou du langage, on parle de migraine avec aura. L’aura précède généralement l’apparition des douleurs. Plus rarement, l’aura peut être isolée et ne pas être suivie de maux de tête.

La migraine sans aura est la forme la plus fréquente.

Symptômes

La douleur apparaît progressivement d’un ou des deux côtés de la tête, souvent la nuit ou au réveil. D’autres symptômes peuvent également être présents:

  • des nausées, parfois des vomissements,
  • une intolérance au bruit, à la lumière et aux odeurs,
  • une fatigue, des difficultés de concentration, une irritabilité.

En cas d’aura, on peut aussi observer ou ressentir:

  • un scintillement devant les yeux,
  • des fourmillements,
  • un trouble du langage.

Causes et facteurs de risques

Il n’y a pas de cause particulière de la migraine. En revanche, il existe une prédisposition familiale, surtout chez les femmes.

Les personnes (surtout les femmes) dont un membre de la famille souffre ou a souffert de migraine ont un risque plus important d’en souffrir également.

Traitement

Le traitement des crises de migraine est avant tout médicamenteux. Il s’agit soit d’analgésiques simples qui peuvent être achetés sans ordonnance en pharmacie, soit de médicaments spécifiques, dénommés «triptans», obtenus sur prescription médicale.

Les crises peuvent devenir de plus en plus fréquentes et même chroniques. Il y a alors un risque de prendre trop ou trop souvent des médicaments, ce qui paradoxalement peut aggraver les maux de tête.

La migraine (surtout avec aura) augmente légèrement le risque d’attaque cérébrale chez la femme de moins de 45 ans, particulièrement si elle est associée à la prise de contraceptifs oraux (pilule) et au tabagisme. La survenue d’un infarctus cérébral est une complication extrêmement rare de la migraine avec aura.

Prévention

Pour prévenir la survenue d’une crise migraineuse, il est parfois possible d’éviter ou de limiter certains facteurs déclenchants (facteurs qui provoquent des crises ou augmentent leur fréquence) comme les changements du rythme de vie, les variations du temps de sommeil ou du comportement alimentaire, ainsi que les émotions fortes.

En cas de crises fréquentes et invalidantes, il est possible de prendre un traitement médicamenteux de fond (traitement de longue durée, administré aussi entre les épisodes de migraine) pour diminuer le nombre et l’intensité des crises.

En fonction des informations recueillies et de l’examen physique, le médecin pourra demander des prises de sang (à la recherche d’une maladie inflammatoire ou infectieuse), un scanner cérébral (à la recherche d’une tumeur, d’un infarctus ou d’une hémorragie) ou encore une ponction lombaire (en cas de suspicion de méningite).

Sources: www.planetesante.ch

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La rentrée scolaire – Jusqu’où repousser les limites du cerveau

Le dopage pour les muscles, le bistouri pour les rondeurs, et voilà qu’arrive la neuroamélioration pour le cerveau, un ensemble de méthodes destinées à améliorer nos capacités cérébrales. Le phénomène pose de nombreuses questions scientifiques et éthiques.

 

Les neurosciences peuvent-elles nous aider à développer nos capacités cérébrales, voire à en créer de nouvelles? C’est en tout cas l’objectif d’un ensemble de techniques biomédicales regroupées sous le terme de «neuro-amélioration». Pour l’être humain, la quête de la performance physique n’est pas nouvelle. Que ce soit au moyen de l’apprentissage, d’outils d’appoint ou de substances comme l’alcool ou le café, il a depuis longtemps cherché à repousser ses limites. «Dès l’Antiquité, les athlètes grecs mettaient des branches de romarin dans leurs cheveux et espéraient ainsi courir plus vite», sourit le bioéthicien Bernard Baertschi, de l’Université de Genève. Le progrès scientifique aidant, des méthodes de neuro-amélioration plus efficaces ont vu le jour. «Initialement développées depuis une dizaine d’années dans un but thérapeutique, elles sont désormais étudiées chez les sujets sains», note Stefano Carda, neuropsychologue au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). «Mais pour l’instant, les résultats demeurent vagues et contradictoires», prévient le médecin. De quelles méthodes parle-ton? Il s’agit principalement de la prise de substances chimiques, même si l’on assiste aujourd’hui à l’arrivée de nouveaux outils, notamment des appareils destinés à stimuler le cerveau par des impulsions électriques.

Médicaments détournés

Parmi les molécules employées, les stimulants cognitifs ou neurostimulants, en particulier le méthylphénidate, le modafinil et les amphétamines, sont de loin les plus populaires. Le premier est plus connu sous le nom de Ritaline©, un médicament développé dans le but de soigner les troubles aigus de l’attention et de l’hyperactivité chez l’enfant. Pourtant, ses effets sur le sujet sain sont encore discutés: au mieux, un léger effet de renforcement de la mémoire à long terme a été observé chez quelques sujets.

Quant au modafinil, molécule initialement prescrite aux narcoleptiques pour les maintenir éveillés, elle semble plus efficace. En plus d’un effet sur l’éveil, on a observé une amélioration de plusieurs fonctions cognitives chez les sujets en privation de sommeil. Dernière classe de neurostimulants, les amphétamines sont connues pour consolider la mémoire, mais les résultats ne sont pas toujours reproductibles.

Mais qui utilise toutes ces molécules? Difficile à dire: seuls les Etats-Unis et l’Allemagne établissent des statistiques sur ce phénomène. «Des enquêtes ont établi qu’environ un étudiant américain sur six a déjà eu recours à des neurostimulants», signale Stefano Carda. En Allemagne, 5% des hommes salariés seraient concernés. En Suisse, une première enquête publiée en février estime qu’environ 3% des étudiants y auraient recours.

 

Casque cérébral

Autre méthode de neuro-amélioration: l’utilisation d’appareils qui stimulent le cerveau grâce à des champs magnétiques ou électriques. Placés sur le crâne, ils génèrent ainsi des courants électriques de faible intensité qui vont agir sur les neurones les plus superficiels du cerveau. En fonction de la fréquence à laquelle on applique les stimulations, on augmente ou on freine l’activité des neurones. La stimulation électrique, plus confortable et moins onéreuse, devrait en particulier connaître un certain essor dans les années qui viennent. Dans un article publié en automne dernier dans le quotidien britannique The Guardian, le neuropsychologue Vaughan Bell entrevoit même ce qu’il nomme «la fin de l’ère Prozac»: une modération des traitements médicamenteux au profit notamment de tels appareils de stimulation.

Quoi qu’il en soit, leur application à la neuro-amélioration est déjà en marche: sur Internet, plusieurs marques vendent déjà des appareils de stimulation électrique transcrânienne, et des coaches vous guident dans leur utilisation.

L’éthique en question

La neuro-amélioration soulève une multitude de questions d’ordre éthique. En France, le Comité national consultatif d’éthique vient d’émettre un rapport à ce sujet. Il rappelle notamment que, faute d’étudier les effets à long terme, on ne sait pas grand-chose des effets indésirables de ces méthodes. Ce qui n’empêche pourtant pas «d’utiliser la Ritaline© sans certitude quant à ses bénéfices, alors qu’on sait en revanche qu’elle peut provoquer des problèmes cardiaques, voire détruire des cellules cérébrales!», prévient Stefano Carda.

La question de la dépendance et de l’addiction va inévitablement se poser. La modulation des capacités de mémoire et d’apprentissage fait notamment intervenir les mêmes circuits neuronaux que ceux impliqués dans les phénomènes d’addiction aux drogues. Bernard Baertschi y voit également un éventuel problème d’érosion du caractère. «Si l’on associe une pilule à chaque difficulté, même minime, on finit par perdre notre capacité à faire face à la moindre adversité», prédit le philosophe.

Pour ses partisans, la neuro-amélioration relève de la responsabilité individuelle. On peut toutefois opposer à cet argument que les risques de coercition sont réels: on pourrait forcer certaines personnes à accepter la neuro-amélioration dans un cadre judiciaire, militaire ou plus simplement chez des enfants dont les parents exigeraient de meilleures performances.

Neuro-améliorations personnelles et chirurgicales

On peut également améliorer ses performances cérébrales soi-même, grâce au «neurofeedback». Avec un dispositif de type électroencéphalogramme (EEG), on visualise l’activité électrique de ses neurones sur un écran d’ordinateur. Il devient dès lors possible de modifier en temps réel sa propre activité cérébrale. Une étude a ainsi démontré que des ophtalmologistes se formant à la microchirurgie, après avoir suivi huit sessions de neurofeedback EEG, apprenaient plus rapidement la technique et opéraient plus vite que ceux qui n’avaient pas suivi de neurofeedback! Autre méthode de neuro-amélioration, la stimulation cérébrale profonde (SCP) consiste à implanter chirurgicalement des électrodes dans le cerveau à des endroits bien précis et à les relier à un stimulateur réglable implanté sous la peau. Utilisée depuis une trentaine d’années pour lutter contre certaines maladies neurologiques, cette méthode risquée paraissait encore inimaginable pour la neuro-amélioration il y a peu. Mais la situation va sans doute changer: une enquête menée auprès de 300 neurochirurgiens américains en 2011 a montré que 54% des répondants étaient convaincus que la SCP serait bientôt utilisée en neuro-amélioration.

 

Source: www.planetesante.ch

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Soleil, ami ou ennemi?

Si le soleil recharge nos batteries, il est aussi responsable du vieillissement de notre peau. Avec l’arrivée des beaux jours, la tentation est forte, pour certains, de s’allonger au soleil. Pour d’autres, l’exposition de la peau lors de séances d’UV fait partie de la préparation aux vacances. Enfin, il y a ceux qui considèrent que le bronzage est essentiel pour avoir bonne mine. Mieux vaut toutefois rester mesuré et prudent, car, malgré les campagnes de prévention, le nombre de cancers de la peau en Suisse double tous les vingt ans.

Mélanome, des gestes simples pour protéger sa peau

Les cancers cutanés sont en constante augmentation en Suisse. Dans ce domaine, notre pays détient même le triste record d’être, après la Norvège, le plus touché en Europe. Pourtant, dans la plupart des cas, il suffirait de se protéger du soleil et de limiter les séances de solarium pour éviter l’apparition de ces tumeurs cutanées.

Capital soleil

Lorsque l’on évoque le cancer de la peau, on pense aussitôt à ces taches brunes de forme irrégulière qui caractérisent le mélanome. Il s’agit en effet du cancer cutané le plus dangereux, car ses métastases peuvent rapidement atteindre le système lymphatique, les ganglions et le système sanguin.

Il existe toutefois deux autres formes de cancers de la peau, beaucoup plus fréquentes, mais moins graves: les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires, qui se manifestent par des petits nodules, s’agrandissent et ont une surface lisse pour les premiers, rugueuse pour les seconds. Evoluant plus lentement que le mélanome, ils se développent plutôt à partir de 50 ans. Quelle que soit leur forme, les cancers cutanés sont, dans 80% des cas, provoqués par l’exposition aux rayons ultraviolets (les 20% restants sont d’origine génétique ou proviennent de causes encore inconnues). Nous naissons en effet tous avec un «capital soleil» qui nous permet de lutter contre les effets néfastes des UV. Une fois ce patrimoine épuisé, la peau ne peut plus se protéger contre les agressions, et les cellules endommagées sont mal réparées ou ne peuvent plus l’être.

Bien choisir sa crème solaire

Pour éviter d’en arriver là, il faut donc protéger sa peau des rayons solaires. «Il n’est pas question de dire qu’il faut arrêter de se mettre au soleil, souligne le dermatologue lausannois Renato Panizzon. Il faut plutôt adopter l’attitude des habitants des pays méditerranéens et ne pas s’exposer entre 11 et 15 heures.»

Lorsque le soleil brille, mieux vaut rester à l’ombre, revêtir T-shirt, short et chapeau, sans oublier de mettre des lunettes de soleil pour se protéger les yeux et d’enduire de crème solaire les parties du corps non protégées.                                                                              A ce sujet, le professeur Panizzon recommande les produits contenant des filtres physiques, qui renferment des micropigments. Certes, ils ont l’inconvénient de laisser un petit film blanchâtre sur la peau, mais ils sont moins nocifs pour l’être humain et l’environnement que les filtres chimiques qui, par ailleurs, peuvent provoquer des allergies. Il conseille même aux femmes de choisir des produits comme ceux renfermant des micropigments teints qui «protègent du soleil, tout en conférant une peau bronzée». Quoi qu’il en soit, il ne suffit pas de s’enduire de crème  niquement le matin avant d’aller à la plage ou de partir en randonnée. Car sous l’action du vent, de l’eau et de la transpiration, les crèmes solaires perdent peu à peu leur effet protecteur.

Double ration d’UV

Le soleil n’est toutefois pas le seul en cause; les adeptes du solarium sont aussi exposés aux UV. Ils reçoivent surtout des UVA, qui sont certes moins nocifs que les UVB, mais «favorisent aussi, à la longue, le développement des cancers de la peau», commente le dermatologue. En effet, contrairement à ce que prétendent les promoteurs des lampes à bronzer, «il n’existe pas de bons rayons. Les UV restent des UV.» En outre, les personnes qui se font bronzer artificiellement sont aussi celles qui aiment ensuite s’exposer au soleil; elles reçoivent donc une «double ration » d’UV. Les femmes âgées entre 15 et 35 ans étant les plus nombreuses à fréquenter les solariums, on peut craindre que «l’augmentation des cancers de la peau soit encore plus importante dans la population féminine. » Le spécialiste conseille donc aux femmes d’éviter le solarium, «non seulement à cause du cancer cutané, mais aussi pour que leur peau ne finisse pas par ressembler à celle d’une prune séchée».

Lorsque l’on s’observe et que l’on découvre des taches suspectes, il est important, surtout en cas de mélanome, de se faire traiter au plus tôt, car plus la tumeur est épaisse, plus elle devient dangereuse. En revanche, lorsqu’elle est enlevée précocement, le «taux de guérison est proche des 100%». Les femmes ont d’ailleurs «un meilleur pronostic, notamment parce qu’elles consultent plus rapidement que les hommes». Renatto Panizzon leur recommande donc «d’examiner le dos de leur mari ou de leur partenaire et, en cas de doute, de les envoyer chez un dermatologue».

Etes-vous des drogués du bronzage?

Les plaisirs provoqués par l’exposition au soleil peuvent conduire à une forme d’addiction. Une étude expérimentale menée par des chercheurs américains laisse penser que le bronzage peut devenir une pratique addictive. Ces conclusions permettent notamment de comprendre pourquoi, en dépit de tous les risques sanitaires qu’elle comporte, l’exposition aux rayons ultraviolets (UV) artificiels ou solaires demeure une pratique à ce point répandue. Et pourquoi le bronzage reste un objectif rituel pour des dizaines de millions de personnes à travers le monde: au-delà de la dimension purement esthétique, on retrouve, dans ces comportements, la dimension plaisir/autodestruction qui caractérise le processus de l’addiction. Les chercheurs ont exposé des souris rasées à la lumière UV cinq jours par semaine, pendant six semaines. Un modèle d’exposition équivalant à 30 minutes d‘exposition, pour une personne à la peau claire, au soleil de Floride durant l‘été.

L’euphorie des endorphines

Chez les rongeurs, cette exposition induit une augmentation de la synthèse de certaines substances, notamment d’endorphines de type bêta, bien connues pour déclencher un sentiment d‘euphorie, comparable à celui ressenti avec la prise d’opiacés. Les souris montraient également une plus forte tolérance à la douleur.

De tels résultats suggèrent que la production de ces endorphines naturelles (source d’une sensation de bien-être, voire d’euphorie) est potentialisée par l‘exposition aux UV.

Souris «accros»

Le processus ainsi déclenché entraîne une modification des seuils de la douleur et un renforcement des «circuits de récompense », deux phénomènes qui sous-tendent l’état de dépendance et que les chercheurs constatent chez leurs souris devenues «accros au bronzage ». Ils soulignent toutefois que les souris sont des animaux qui préfèrent généralement l’ombre à la lumière, ce qui interdit toute extrapolation hâtive à l’homme. Les résultats de ce travail convergent néanmoins avec une série d’autres travaux et d’observations, qui utilisent le terme de tanorexie pour décrire cette addiction au bronzage.

Une addiction du paraître

La tanorexie est une addiction comportementale sans substances chimiques, résume le Dr Patrick Moureaux, spécialiste de dermatologie et co-auteur d’un ouvrage sur le sujet. Notre peau est aujourd’hui plongée dans la nébuleuse de l’hypermarché du paraître, devenue ainsi dépendante. Il est impératif d’exprimer un visage jeune et pétillant en permanence. Le bronzage donne cette illusion. Notre représentation narcissique est sous influence. Les sensations de bien-être, procurées par l’exposition solaire naturelle ou artificielle, propulsent le consommateur dans une spirale consumériste, compulsive, infernale, croissante et non maîtrisable, ritualisant sa vie, et ce, malgré la connaissance des risques encourus (photo vieillissement précipité, cancers cutanés, …), répondant ainsi à la notion d’addiction comportementale.

En finir avec le soleil

Comment sortir de cette addiction? Il est impératif de tout mettre en oeuvre pour ne pas rentrer dans l’addiction grâce à une pédagogie préventive précoce. «Le biotope familial devra être conscient de réduire tout comportement visible et lisible à haut risque sanitaire, afin de minimiser toute reproduction de la part de l’adolescent», explique le Dr Moureaux. «Une législation rigoureuse doit maîtriser l’accès aux centres de bronzage. Les UV sont considérés par l’OMS comme des agents cancérigènes de niveau 1, potentialisant le risque de cancers cutanés.» Pour le traitement curatif, le spécialiste préconise les techniques de thérapies cognitives et comportementales sur une longue période (au moins six mois). «Ces techniques sont basées sur l’accès, par paliers intentionnels progressifs, à une motivation exprimée et assistée, conduisant le patient à la cessation de toute exposition solaire  pathologique», explique-t-il. Le risque de rechute est très important. C’est pourquoi un accompagnement du patient par une équipe psychologique entraînée est souvent nécessaire pour assurer la garantie de son sevrage.

 

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La santé connectée

En 2007, le Conseil fédéral avait présenté et adopté une «stratégie pour une société de l’information», soulignant l’importance croissante de la cyberadministration et de son chapitre consacré à la santé, la cybersanté (ou l’«eHealth»). Elle avait proposé 21 objectifs et un calendrier dans lequel les dernières étapes devaient être réalisées fin 2015. Dans le même temps, l’évolution des technologies de l’information, avec la généralisation du Web 2.0 et le développement ultra rapide de la mobilité des données (tablettes, smartphone) ouvrent de nouvelles perspectives, y compris dans le domaine de la santé.

 

Les objectifs de la stratégie eHealth pour notre pays ont été regroupés en deux catégories principales:

Dossier électronique du patient: l’enjeu majeur de ce projet est de pouvoir garantir la protection des données. Ainsi, c’est au patient concerné de décider à qui il livre quelles données concernant sa santé, une certaine méfiance ayant été exprimée, en particulier à l’encontre des caisses- maladies (et leur stratégie de sélection des risques). L’objectif fixé pour la fin de cette année est le suivant: toutes les personnes résidant en Suisse peuvent, indépendamment du temps et du lieu, donner aux prestataires de leur choix l’accès électronique aux informations nécessaires à leur traitement. Le dossier électronique du patient présente de nombreux avantages s’il est bien conçu. Il devrait permettre la qualité du processus de soins grâce à une meilleure communication entre toutes les personnes concernées, rendre les soins plus sûrs et plus efficaces et contribuer à éviter les erreurs médicales.

Portail de santé: mise à disposition du dossier électronique du patient sur un portail de santé sécurisé, permettant à tous les citoyens d’accéder à leur dossier électronique et de consulter des informations spécifiques et structurées. L’enjeu ici est la sécurité informatique et la prévention des risques liés à la sécurité des données et au piratage.

 

Enfin, la Confédération s’est engagée à développer une certaine culture de l’échange d’informations, en assurant la formation permanente de la population suisse pour qu’elle soit en mesure de gérer les informations concernant la santé et la maladie, de même que les données personnelles. Sur ce dernier point, il devient relativement urgent d’agir. Les géants de l’industrie numérique (dont Google et Apple) investissent massivement pour permettre à tout un chacun de mesurer en temps réel des informations sur sa santé. Ainsi, la montre connectée de Apple, qui sera commercialisée cette année, sera munie de divers capteurs permettant de mesurer notre fréquence cardiaque, les efforts fournis, les calories brûlées, … Ces données, croisées avec l’âge, la taille, le poids, les habitudes, le comportement alimentaire et d’autres éléments seront analysées et devraient permettre de donner des informations sur notre état de forme. Que ferons-nous de toutes ces données? Seront-elles vraiment cohérentes? Serons-nous capables de les interpréter à bon escient? Comment seront-elles stockées, un cadre légal est-il prévu à cet effet? La tentation ne sera-t-elle pas trop grande, pour ces entreprises, d’utiliser ces données dans des buts commerciaux, ou au moins à des fins publicitaires?

Ces nouvelles technologies représentent d’incroyables opportunités, à condition qu’elles servent avant tout la médecine et la santé.

 

La santé sur Internet

On trouve sur Internet un très grand nombre de sites dédiés à la santé, au point qu’il devient difficile de faire le tri entre les informations sérieuses et celles qui le sont moins. La fondation Health on the Net (HON), basée à Genève, propose de certifier les sites internet qui répondent à certains critères de qualité et de sécurité. Quelle que soit l’information cherchée (et trouvée), il est important de garder à l’esprit qu’Internet ne remplace pas un professionnel de santé (médecin, pharmacien, …).

 

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